[Entretien] "Transparence salariale - Beaucoup d'employeurs pensent que c'est secondaire ! C'est une véritable attente des salariés et des agents."
Marylise Léon était invitée de BFM Business, vendredi 5 juin
Les Etats membres de l'Union Européenne ont jusqu'au 7 juin 2026 pour transposer dans la loi, la directive sur la transparence salariale. La France ne respectera pas ce délai. Marylise Léon a appelé le gouvernement à sa responsabilité et demandé à ce que le texte soit présenté avant la fin de la la session parlementaire(fin juillet). Aux employeurs qui s'opposent à la transparence salariale, sous prétexte de lourdeurs administratives, elle a répondu que c'est bien l'administration et non les entreprises qui produira les indicateurs. En 2026, il n'est plus entendable qu'il y ait des écarts salariaux inexplicables au détriment des femmes. C'est une priorité. Elle a écarté l'idée reçue selon laquelle toutes les fiches de paie seraient des salariés et agents seraient affichées devant la machine à café. Ce sont des échantillons, salaires médians, qui permettraient aux travailleurs et travailleuses d'avoir un levier d'action en cas d'écarts injustifiés, à travail égal. Marylise Léon a évoqué aussi le prochain congrès confédéral du 22 au 26 juin à Bordeaux, et l'image des syndicats en France, en lien avec les derniers chiffres de syndicalisation. Enfin, sur l'idée de monétiser la 5e semaine de vacances, la CFDT s'y oppose, ce n'est pas aux salariés et agents de se payer leur augmentation salariale, en sacrifiant un temps de repos indispensable, à l'heure où en France, on n'a jamais eu autant d'accidents de travail, de conditions de travail dégradées : 9 millions d'arrêt de travail par an. Cela n'est pas à la hauteur des attentes des enjeux, il faut revoir les classifications dans les branches professionnelles, y compris dans la fonction publique.