[Entretien] "Les employeurs doivent prendre leur part de responsabilité en faisant de vraies négociations salariales, en intégrant l'augmentation du prix de la vie et des dépenses contraintes"
Marylise Léon était invitée de France info, vendredi 1er mai
A quelques heures des départs des cortèges et actions du 1er mai partout en France, Marylise Léon a fait un rappel clair : le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé, issu d’une conquête sociale. La CFDT s’oppose à toute banalisation de son ouverture, y compris au nom du "volontariat", illusoire dès lors qu'il y a un lien hiérarchique entre l'employeur demandeur, et le salarié, particulièrement dans un contexte de précarité et de pression économique. La CFDT s’oppose aux dérogations sectorielles, car elles affaiblissent le droit du travail et créent des inégalités entre salariés. Plus largement, Marylise Léon a relié ce débat à la dégradation des conditions de travail et au manque de reconnaissance salariale. Ainsi, face aux hausses des prix des carburants, outre les mesures d'aides ciblée, la CFDT demande de vraies négociations salariales, en intégrant l'augmentation du prix de la vie et des dépenses contraintes. Il faut aussi un véritable partage de la valeur créée, et une taxation exceptionnelle lorsque les profits sont exceptionnels, comme pour Total Energies. Concernant les travailleurs étrangers, Marylise Léon a rappelé que l'économie française ne tiendrait pas sans immigration. Des formations politiques considèrent qu'il suffirait de fermer les frontières pour faire travailler tout le monde et diminuer le chômage, ce n'est pas vrai. Enfin, au sujet du Smic, pour la CFDT, au-delà de 2 ans, un employeur qui continue de payer un salarié au Smic ne doit plus bénéficier des exonérations de cotisations.