Espionnage des salariés : Mickey sur le banc des accusés

Publié le 25/04/2013
Une amende de 100 000 € pour recel de corruption active, violation du secret professionnel et détournement de données confidentielles… Voilà la peine qui vient tout juste d’être requise, devant le tribunal correctionnel de Meaux, contre Disneyland. Il faut dire que les faits qui s’y sont déroulés entre 1999 et 2004 sont pour le moins édifiants.

Ne le dites surtout pas à vos enfants, mais Disneyland n’est pas toujours ce que l’on croit. Derrière le merveilleux et les paillettes, se cache parfois une réalité franchement moins reluisante.

C’est ainsi que, cinq années durant, les candidats à un emploi au sein du mondialement célèbre parc d’attraction ont été, à leur insu, visés par une enquête aussi approfondie qu’illégale. Deux ex-gendarmes étaient, à cet effet, missionnés par l’employeur pour vérifier que, préalablement à leur candidature, chacun des postulants n’avait jamais fait l’objet d’une procédure judiciaire. Pour ce faire, ces deux détectives, d’un genre un peu particulier, ne s’encombraient pas avec les grands principes attenants au respect des libertés fondamentales. Ils s’arrangeaient, via des contacts en interne, pour consulter les fichiers officiels de la police et de la gendarmerie… et en tirer toutes les conclusions au cas où, dans un dossier donné, un précédent était détecté… Cette affaire, poussée et portée depuis plusieurs années par la section CFDT de Disney (notamment) a été enfin été plaidée. Une amende lourde (de 100 000 € pour recel de corruption active, violation du secret professionnel et détournement de données confidentielles) a été requise. L'affaire a désormais été mise en délibéré (au 27 juin).