Rapport d'activité - Agir pour des retraites avec plus de justice sociale et de liberté de choix

  • Congrès 2026

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NOTRE PROJET EN 2022

« Pour la CFDT, toute réforme des retraites doit d’abord être une réforme de justice sociale » (article 3.7.1.2. de la résolution de Lyon). « La CFDT s’oppose à l’augmentation de l’âge légal » (article 3.7.2.1.). « La CFDT soutient le développement de la retraite progressive à partir de 60 ans » (article 3.7.3.4.).
La résolution de Lyon a été adoptée dans le contexte d’une réforme des retraites à venir à court terme. Elle a réaffirmé l’opposition de la CFDT à toute mesure d’âge qui serait par définition injuste. Pour la CFDT, il faut apporter plus de justice au système de retraite : pour les personnes exposées à la pénibilité, pour les femmes, pour améliorer les minima de pension. Chacun et chacune doit pouvoir être plus libre dans son passage en retraite,
notamment avec la retraite progressive et l’amélioration de l’information sur les retraites. Enfin, la CFDT a réaffirmé son ambition d’une réforme globale de l’ensemble du système pour qu’il soit plus simple et plus adapté aux carrières d’aujourd’hui.

Agir pour des retraites avec plus de justice sociale et de liberté de choix

Automne 2022 : concertation préalable à une nouvelle réforme des retraites.

Hiver/printemps 2023 : mobilisation syndicale contre la réforme des retraites.

Automne 2023 : négociation de l’accord de pilotage quadriennal de l’Agirc-Arrco sur les retraites complémentaires.

Hiver/printemps 2025 : négociation du « conclave » sur les retraites.

Septembre 2025 : ouverture de la retraite progressive à 60 ans pour les salarié·es et les agentes et agents publics.

Décembre 2025 : suspension de la réforme des retraites.

RÉFORME DES RETRAITES DE 2023 : LA CFDT DIT NON AU RECUL DE L’ÂGE LÉGAL

Petit rappel des faits. Initialement et dès 2022, le Gouvernement a voulu aller vite et obtenir un vote du Parlement avant la fin de l’année. S’opposant déjà à tout recul de l’âge, la CFDT a revendiqué et obtenu que soit ouverte une phase de concertation en préalable à toute réforme. Lors de la concertation, la CFDT a contesté la nécessité du recul de l’âge, mais aussi fait des propositions en matière de financement et a élargi le débat aux thèmes de la prise en compte de la pénibilité, de la carrière des femmes, de l’emploi des seniors, des minima de pension et de vieillesse, etc.

Début 2023, la Première ministre Elisabeth Borne a présenté son projet de réforme des retraites avec comme mesure principale le recul de l’âge légal à 64 ans. La CFDT a réaffirmé son opposition à une telle réforme, quand bien même le recul de l’âge serait accompagné - ce qui a été le cas - d’autres mesures que la CFDT a revendiquées. Pour la CFDT, le recul de l’âge légal est une mesure injuste faisant reposer l’effort de financement sur les seuls travailleurs et travailleuses, et même uniquement sur une partie d’entre eux.

Dans les mois qui ont suivi, la CFDT a porté la contestation. Cela s’est traduit par 14 journées d’action et de mobilisation du 19 janvier au 6 juin 2023 rassemblant plusieurs fois plus d’un million de personnes sur tout le territoire et jusqu’à deux millions et demi pour la plus importante. La pétition intersyndicale que la CFDT a initiée a réuni plus d’un million de signatures. La CFDT a aussi oeuvré par un travail de plaidoyer auprès des parlementaires partout en France pour empêcher l’adoption de la réforme.

Malgré l’ampleur de la mobilisation et l’opposition majoritaire de la population, l’entrée en vigueur du projet de loi n’a pas pu être empêchée du fait de l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution. Dans les faits, la loi n’a jamais été adoptée par l’Assemblée nationale, auxquelles s’ajoutent toutes les procédures parlementaires utilisées pour empêcher le débat. Pour la CFDT, la réforme de 2023 a été une blessure sociale et démocratique.

LA SUSPENSION DE LA RÉFORME : UNE PREMIÈRE VICTOIRE

Depuis la réforme, la question des retraites n’a cessé d’être un sujet de tensions politiques se traduisant notamment pas l’instabilité des gouvernements.

Pour y répondre, le Premier ministre François Bayrou a tenté une première initiative au premier semestre 2025 avec une négociation sur les retraites (dite le « conclave »). La CFDT s’y est engagée, considérant que ne pas négocier revenait à laisser s’appliquer les injustices de la réforme de 2023. Elle a pu y imposer ses thèmes comme enjeux centraux de la négociation : l’âge légal, la pénibilité, les femmes, mais aussi celui de la gouvernance des retraites. Cependant, l’intransigeance du Medef sur les départs anticipés pour pénibilité n’a pas permis de conclure un accord.

Avec l’échec du conclave, la CFDT a affirmé que désormais seul un nouveau temps démocratique - en l’occurrence l’élection présidentielle de 2027 – pouvait réparer la blessure de 2023 : les électeurs et électrices choisiront entre les différents projets. Mais pour qu’un tel débat puisse avoir lieu, la CFDT a posé une condition préalable : la suspension du recul progressif de l’âge légal. Le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a repris cette proposition qui a ensuite été adoptée par l’Assemblée nationale. Il s’agit là d’une première victoire pour les travailleurs et travailleuses qui se sont mobilisés en 2023. C’est aussi à ce jour le seul vote formel du Parlement sur la question de l’âge légal depuis 2023. Cette suspension n’est pas une fin en ellemême. Elle n’a de sens qu’en vue du futur débat de 2027. Et pour préparer ce débat, la CFDT a obtenu que s’ouvre la Conférence sur le travail, l’emploi et les retraites. Cette conférence n’est pas une négociation : son objectif est d’éclairer le débat et de tenter d’y remettre sérieux et sérénité en amont de la présidentielle.

En plus de la suspension, la CFDT a aussi obtenu que les mesures en faveur des femmes proposées par la CFDT et négociées lors du conclave soient intégrées dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

LA RETRAITE PROGRESSIVE À 60 ANS : UN NOUVEAU DROIT POUR PLUS DE CHOIX

Lors de la concertation de 2022 et la contestation de la réforme en 2023, la CFDT a fortement avancé le thème de l’emploi des seniors et en particulier de la retraite progressive. C’est un dispositif qui redonne de la liberté aux travailleurs sur la manière de passer à la retraite. Depuis, la CFDT a obtenu de nombreuses avancées sur ce sujet. Lors de la réforme de 2023, elle a revendiqué et obtenu l’extension de la retraite progressive aux agents publics ainsi que l’obligation pour l’employeur ou l’employeuse de justifier son refus du passage à temps partiel. L’emploi des seniors a ensuite fait l’objet d’une négociation interprofessionnelle à l’automne 2024 dans laquelle a été décidé d’abaisser l’accès à la retraite progressive à 60 ans (contre 62 ans dans le cadre de la réforme des retraites de 2023). Cette négociation a également davantage encadré les conditions de refus par l’employeur. Enfin, lors du conclave sur les retraites de 2025, la CFDT a obtenu que l’abaissement de l’âge de la retraite progressive à 60 ans soit valable aussi pour les agents publics. La retraite progressive à 60 ans est désormais en vigueur depuis le 1er septembre 2025.

L’AGIRC-ARRCO : UNE BONNE SANTÉ FINANCIÈRE QUI JUSTIFIE D’AMÉLIORER LES PENSIONS

Tous les quatre ans, les organisations syndicales négocient un accord pour déterminer les règles de pilotage de l’Agirc-Arrco : augmentation des pensions, acquisition des droits à retraite, niveau des réserves, etc. Cet accord a été signé à l’unanimité des organisations syndicales, ce qui fut une première. En revanche, le camp patronal a été divisé et deux organisations ont refusé de signer.

Cet accord prévoit la fin du bonus/malus, un dispositif pour encourager les travailleurs à aller au-delà de leur âge du taux plein : il pouvait aller jusqu’à une diminution de la pension Agirc-Arrco de 10 % pendant trois ans. Avec le recul de l’âge à 64 ans, ce dispositif perdait tout son sens et représentait une double peine pour les travailleurs. Concernant le cumul emploi-retraite, et comme cela est le cas au régime de base depuis la réforme de 2023, celui-ci devient créateur de droit à la retraite complémentaire à la demande du patronat, mais selon des limites réclamées par les organisations syndicales. Pour les pensions, l’accord a acté une revalorisation de 4,9 % en 2023 pour tenir compte de la forte inflation. Pour les années suivantes, les partenaires sociaux ont prévu une revalorisation inférieure à l’inflation avec la possibilité chaque année de s’en rapprocher. Cette marge de manoeuvre permet à l’Agirc-Arrco de tenir compte des incertitudes économiques et politiques. Ainsi, en 2024, les partenaires sociaux ont utilisé cette marge à la hausse pour rapprocher la revalorisation du niveau de l’inflation. En revanche, en 2025, alors que l’Agirc-Arrco a des réserves garantissant sa bonne santé financière sur le moyen terme, le patronat s’est entêté à vouloir une sous-indexation excessive. Cette absence de mesure de la part du patronat a conduit au blocage et donc au gel des pensions Agirc-Arrco.

6 mois et 14 journées de mobilisation dans 250 villes, du 19 janvier au 6 juin 2023, pour s’opposer aux 64 ans.

10 mois et 30 séances de négociations et concertations, pour obtenir de nouveaux droits.

12 webinaires Je Participe à destination des militants, et réunissant plusieurs milliers d’entre eux, pour échanger régulièrement de l’action de la CFDT.

Des réunions hebdomadaires de coordination des mobilisations avec les fédérations et unions régionales.

NATHALIE, SECTEUR DU SOIN
"Deux ans de plus, c’est énorme pour les soignantes, quand on a fait comme moi 19 ans de service lourd. Moi, j’ai travaillé 16 ans en Ehpad. Donc, soulever les personnes âgées, faire 30 lits le matin, recoucher les résidents le soir, ça use ! Et on arrive à 50 ans, on a le dos esquinté. Donc, deux ans de plus, c’est énorme."

La CFDT ne baisse pas les bras et trace un chemin. Comme déjà dit, la réforme de 2023 a été une blessure sociale et démocratique. La mobilisation contre la réforme a été historique et une réussite populaire. Nous pouvons être fiers de l’avoir porté, ce qui a permis à tout un chacun de s’exprimer. Toutefois, elle n’a pas abouti à l’abandon de la réforme et la tentation était alors grande de baisser les bras et, finalement, de passer à autre chose. Ce n’est pas le choix qu’a fait la CFDT. Au contraire, elle a décidé de continuer de porter cette parole des travailleurs et travailleuses. Aujourd’hui, les thèmes qu’elle défend s’imposent dans le débat public. Le travail de négociation, de concertation et de plaidoyer de la CFDT a payé puisqu’elle a obtenu des améliorations sur les minima de pension et de vieillesse, sur la prise en compte de la pénibilité en prévention et en réparation, et surtout en faveur des femmes ou encore pour la retraite progressive. Enfin, la ténacité de la CFDT a permis d’obtenir un premier coup d’arrêt au recul de l’âge légal. Tout cela est le fruit de la détermination et de la constance de la CFDT. Et alors que le débat s’était refermé, il est à nouveau ouvert.

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En savoir plus : Les acquis « retraites » de la CFDT durant le mandat

Petites pensions

- Revalorisation du minimum contributif majoré à 85 % du Smic pour les retraité·es actuels et les futurs retraités.
- Prise en compte de certains congés parentaux (ceux éligibles à l’allocation vieillesse de parent au foyer) pour le calcul des minima de pension.
- Relèvement du seuil de récupération sur succession dans le cadre du minimum vieillesse (Allocation de solidarité aux personnes âgées [Aspa]).

Niveau des pensions

- Validation des trimestres pour les périodes de Travail d’utilité collective (TUC) et autres périodes équivalentes pour le calcul de la retraite.
- Fin du bonus/malus de l’Agirc-Arrco.
- Revalorisations des pensions Agirc-Arrco : +5,12 % en 2022, +4,9 % en 2023, +1,6 % en 2024.

Carrières longues et autres départs anticipés

- Diminution de la durée de cotisation requise pour la retraite anticipée pour carrière longue pour les personnes ayant commencé à travailler avant 16 ans.
- Prise en compte de certains congés parentaux (ceux éligibles à l’allocation vieillesse de parent au foyer) pour la retraite anticipée pour carrière longue.
- Suppression de la condition de trimestres cotisés pour le départ anticipé pour handicap.

Mesures en faveur des femmes

- Prise en compte de 2 trimestres de majoration de durée d’assurance par enfant pour le bénéfice de la retraite anticipée pour carrière longue.
- Dans le privé, pour le calcul de la pension, diminution de la règle des « 25 meilleures années » aux 24 ou 23 meilleures années pour les mères ayant eu respectivement 1 ou 2 enfants et plus.
- Dans les fonctions publiques, pour le calcul de la pension, pleine prise en compte d’un trimestre de majoration de durée d’assurance pour enfant (trimestre de bonification) contre une prise en compte partielle actuellement.

Compte personnel de prévention (C2P)

- Abaissement des seuils d’acquisition de points C2P :
100 nuits au lieu de 120 par an pour le travail de nuit ;
30 nuits au lieu de 50 nuits par an pour le travail en équipe alternante.
- Suppression du plafond d’acquisition de points.
- Acquisition de points plus rapidement en cas d’exposition à plusieurs risques.
- Création d’une 4e utilisation de points : droit à la reconversion avec financement de formation.
Augmentation de la valeur du point en euros pour la formation (de 375 € à 500 €).
- Prise en compte des points C2P dans le calcul de la retraite quand ils sont utilisés pour un départ anticipé.

Catégories « actives » des fonctions publiques

- Possibilité de cumuler les années passées dans différents métiers des catégories « actives » pour justifier de la durée requise.
- Prise en compte des périodes sous statut contractuel dans un métier des catégories « actives » pour les agentes et agents titularisés, là encore pour justifier de la durée requise.
- Suppression de la clause d’achèvement, c’est-à-dire de la nécessité de finir sa carrière dans un métier des catégories « actives » pour avoir droit à un départ anticipé.
- Suppression de la dégressivité des bonifications de trimestre.

Retraite progressive
- Ouverture de la retraite progressive aux agents publics.
- Abaissement à 60 ans de l’âge d’accès à la retraite progressive pour les salariés et les agents publics.
- Obligation de l’employeur de justifier par écrit son refus de passage en retraite progressive selon l’incompatibilité avec l’activité.

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