La CFDT appelle à ne pas sacrifier les libertés et les droits fondamentaux sur l’autel de la surenchère sécuritaire
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Depuis plusieurs années en France, il y a une tendance lourde à renforcer les moyens législatifs et administratifs de l’Etat. Les motifs apparaissent souvent légitimes : état d’urgence contre la menace terroriste, état d’urgence sanitaire, protection des personnes, neutralité des associations, lutte contre le communautarisme, contre les contenus haineux sur internet, contre le narcotrafic, etc.
Mais la CFDT alerte sur un ensemble de textes qui progressivement affaiblissent les droits fondamentaux et les libertés individuelles. Le Parlement se penche ainsi en juillet sur différents projets législatifs qui, en multipliant les mesures qui restreignent les libertés, fragilisent l’Etat de droit.
C’est le cas de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, mesure historiquement défendue par le Front National. C’est aussi le cas de certaines dispositions des projets de loi « sur la justice criminelle et le respect des victimes », et RIPOST. La CFDT relève que la Défenseure des Droits a multiplié les alertes sur ces textes : il faut les entendre.
Ce glissement est d’autant plus dangereux qu’il ne contribue en rien à limiter la montée électorale de l’extrême droite et qu’il lui facilitera grandement la tâche si elle arrivait au pouvoir.
La CFDT appelle le gouvernement et les parlementaires à la responsabilité. Si la lutte contre les atteintes à l’ordre public est un objectif légitime, elle ne peut se faire en affaiblissant les valeurs et les exigences d’une société démocratique. La CFDT l’a réaffirmé lors de son 51e congrès : face à la fragilisation démocratique et à la montée des discours autoritaires, nous devons agir. N’affaiblissons pas nous-mêmes les garanties qui doivent nous protéger.