Trajets domicile-travail : La CFDT s’inquiète des arbitrages à venir

Publié le 18/04/2019

Un pas en avant, trois pas en arrière… Après avoir lancé une concertation à la fin janvier 2019 visant à mettre en œuvre « des actions pour faciliter les trajets domicile-travail », le gouvernement a annulé la réunion conclusive du 4 avril

Cette dernière étape aurait permis d’acter les points sur lesquels partenaires sociaux, autorités organisatrices des transports et représentants des collectivités ont travaillé. « Alors que des compromis ont été trouvés entre les participants, le report de cette réunion sine die nous fait craindre que les décisions, au final, se prennent en défaveur des salariés », explique le secrétaire national Philippe Portier. Le 11 avril, la CFDT a donc adressé un courrier au Premier ministre pour lui rappeler les enjeux de cette concertation. « La très grande majorité des participants a salué la proposition finale. Un point d’équilibre avait été trouvé, ce qui mérite d’être souligné », dit la lettre.

Des mesures inédites

L’absence de conclusive est d’autant plus regrettable qu’une mesure phare avait été validée par l’ensemble des acteurs réunis, à savoir l’obligation de négocier des plans de mobilité au sein des établissements privés et publics de 50 salariés et plus. En cas d’absence d’accord, les employeurs auraient l’obligation d’accompagner les déplacements par l’instauration d’une prime. Ces plans de mobilité ont vocation à encourager le développement de moyens de transport durables, avec un certain nombre d’aides à la clé, différenciées selon que les salariés optent pour des modes de déplacement plus vertueux ou qu’ils sont obligés d’utiliser leur véhicule. Dans ce cas, le compromis prévoit que les aides tiennent compte de plusieurs critères (revenus, distance domicile-travail, temps de trajet maximal…). Le courrier de la CFDT insiste d’ailleurs sur ces avancées, rappelant que c’est bien l’articulation de plusieurs mesures entre elles qui a permis d’obtenir l’assentiment des participants, « y compris de la partie patronale ». Un consensus trop engageant pour le gouvernement, qui s’apprête à rendre ses arbitrages dans le cadre du grand débat national ? « En tout état de cause, nous demandons au Premier ministre de tenir compte du travail qui a été effectué et d’être le garant des résultats et des consensus que nous avons obtenus. Nous ferons pression pour que ces arbitrages soient repris dans la loi Mobilité, en discussion à l’Assemblée nationale », assure Philippe Portier.

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photo © S.Lambert_Haytham / Réa