L’urgence de changer de cap en Europe

Publié le 19/06/2013
Lors d’un rassemblement commun dans le cadre de la rencontre de Bernadette Ségol (CES) avec François Hollande, CFDT, CGT et Unsa ont plaidé avec vigueur pour une Europe sociale.

Unis pour une Europe sociale. C’est le message porté par les secrétaires généraux de la CFDT, la CGT et l’Unsa, le 19 juin, lors d’un rassemblement intersyndical place de l’Alma. Dans la foulée, Laurent Berger, Thierry Lepaon et Luc Bérille étaient reçus par le président de la République, en compagnie de Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES (Confédération européenne des syndicats), ainsi que les leaders des deux autres organisations françaises membres de la CES, la CFTC et FO. La rencontre s’inscrit dans le cadre d’une tournée auprès des 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne pour les convaincre de l’importance d’intégrer pleinement la dimension sociale. L’objectif est de peser sur le Conseil européen des Vingt-Sept qui se tient les 27 et 28 juin à Bruxelles.

« Il faut d’urgence changer de cap en Europe, a déclaré Thierry Lepaon qui s’exprimait au nom des trois organisations syndicales rassemblées pour l'occasion. Avec un contrat social pour l’Europe porté par la CES et par l’ensemble des organisations qui la composent, nous affirmons qu’il est temps de mettre le développement de l’emploi de qualité au cœur d’une nouvelle politique de croissance durable, au cœur d’une nouvelle stratégie européenne, au cœur d’un projet européen dynamique, ambitieux, visant le progrès social. »

Besoin d’Europe

Ce message, porté auprès de François Hollande, sous-tendra également les travaux de la table-ronde consacrée à l’Europe sociale, lors de la conférence sociale des 20 et 21 juin. Les enjeux sont de taille, alors que les tentations populistes s’accroissent dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, sur fond de crise économique et sociale. Dans ce contexte, les trois leaders syndicaux se sont montrés offensifs : « Il ne s’agit pas (…), comme certains voudraient le faire croire, d’“être pour ou contre l’Europe”. Car oui, les salariés ont besoin d’Europe parce que chaque pays séparément, en concurrence avec tous les autres, ne pourra pas relever les défis de l’investissement, de la croissance et de l’emploi. Oui, les salariés ont besoin d’une Europe qui fasse du social une dimension prioritaire. Et c’est celle-ci que nous défendrons bec et ongles avec l’ensemble des organisations syndicales de la CES. »

aseigne@cfdt.fr

photo : Chambre Noire