Conditions de travail sur les chantiers de Vinci au Qatar : un audit encourageant

Publié le 03/04/2019

Les conditions de travail sur les chantiers de Vinci au Qatar font l’objet d’une attention soutenue de la part des syndicats internationaux et des ONG, Sherpa notamment. Aujourd’hui, un audit syndical conclut à une amélioration de la situation.

Le rapport de l’IBB publié le 28 mars et concluant à une amélioration des conditions de travail dans la filiale de Vinci au Qatar s’inscrit dans une chronologie plus ancienne. Depuis 2015, les conditions de travail chez QDVC, (qatari diar vinci construction), opérateur des chantiers de la coupe du monde de 2022, font l’objet d’une bataille entre l’ONG Sherpa et le groupe français. La plainte déposée en 2015 par l’ONG faisant état de travail forcé et de conditions indignes a depuis été classée sans suite, jusqu’à ce que récemment, en janvier 2018, suite à de nouveaux témoignages recueillis sur le terrain, l’ONG réitère ses accusations et dépose de nouveau plainte.

Audit sur le terrain

Entre-temps, le travail mené par la fédération IBB (internationale bois et bâtiment) et le groupe Vinci a porté ses fruits. L’audit, qui fait suite à un accord signé en 2017 par QDVC, l’IBB et Vinci au siège de l’organisation internationale du travail, a été réalisé par une équipe de syndicalistes français de Vinci (CFDT, CGT et CFE-CGC) en janvier dernier. Ses conclusions (à retrouver sur www.bwint.org) soulignent « le caractère éthique des pratiques de recrutement et d’emploi de QDVC, le bon niveau de santé et de sécurité observé sur ses chantiers, la protection des travailleurs, et un salaire supérieur au salaire minimum. »

Ebauche de dialogue social

Jean-Michel Gillet, secrétaire fédéral responsable de l’International à la FNCB-CFDT, tout en se félicitant de la coopération entre Vinci et l’IBB, reste prudent dans son appréciation. « L’audit reflète une réalité observée sur une courte période, tempère-t-il, encore faut-il que cela se confirme dans la durée. »  Le point le plus positif, aux yeux du syndicaliste, est la création d’un comité des travailleurs, évoqué dans le rapport. Les auditeurs, qui ont pu assister à l’élection du « Worker’s Welfare Committee de QDVC, soulignent « le caractère régulier du scrutin et du dépouillement des votes. » Sur un effectif total de 1047 salariés, 879 ont participé au vote et choisir leurs représentants parmi 31 candidats. «C’est une très bonne nouvelle, se réjouit Jean-Michel Gillet. Ce comité doit travailler avec le soutien des réseaux syndicaux internationaux. Nous devons absolument parvenir à instaurer des conditions de travail légales et favorables aux travailleurs partout où le groupe Vinci intervient dans le monde, et cela passe par un dialogue social équilibré et transparent. »

mneltchaninoff@cfdt.fr