Les partenaires sociaux gardent la main sur la revalorisation des allocations chômage

Publié le 11/09/2019

Dans les projets de décrets portant sur la réforme de l’assurance-chômage, le transfert à l’État de la revalorisation annuelle des allocations chômage a surpris les partenaires sociaux. Depuis, l’exécutif a fait machine arrière, laissant au conseil d’administration de l’Unédic le soin de fixer la revalorisation. 

À une nuance près : les pouvoirs publics se réservent la possibilité de recourir à un arrêté « en cas d’absence de décision paritaire sur le sujet ». Une nouvelle ingérence dans la gouvernance du régime, estiment les organisations syndicales. « Au niveau interprofessionnel, les partenaires sociaux ont un rôle à jouer, nous en sommes tous conscients mais le système hybride de l’assurance-chômage – avec la suppression des cotisations salariés et avec une dette garantie par l’État – ne simplifie pas les choses », a déclaré, visiblement embarrassée, la ministre du Travail devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Clarification nécessaire

Une nouvelle fois, la CFDT demande donc « une clarification des rôles pour ne pas aboutir à un système qui fonctionne sans définition claire des responsabilités de l’État et des partenaires sociaux ». Selon Marylise Léon, « la question de la gouvernance de l’assurance-chômage doit être posée […] via des discussions avec les organisations patronales puis avec l’État. D’un point de vue paritaire, nous ne partons pas de rien, l’architecture et la gouvernance du régime ayant fait l’objet des premières séances de négociation en 2018 ». La question devrait d’ailleurs figurer à l’ordre du jour du prochain bureau national.

aballe@cfdt.fr