Grande distribution : Les grandes enseignes mal en point

Publié le 26/07/2019

La grande distribution – au regard de la situation des trois géants du secteur que sont Carrefour, Casino et Auchan – fait figure de grand malade de l’économie française. 

Chez le premier, la CFDT a fait le point : entre les fermetures, plans de départs, cessions et ruptures conventionnelles, etc., on arrive à 12 000 postes supprimés, un dixième de l’effectif ! « La CFDT ne conteste pas le besoin de transformation du groupe mais la brutalité et la vitesse de ces suppressions, déclare Sylvain Macé, le délégué national CFDT. Cela ne laisse aucun répit aux salariés, qui n’ont d’autre choix que le départ volontaire sans la moindre perspective professionnelle. » Présente à l’Assemblée générale des actionnaires le 15 juin, la CFDT a dénoncé l’externalisation de métiers de l’alimentaire, pourtant rentables, et l’utilisation du CICE (752 millions d’euros sur cinq ans).

Trouver des solutions alternatives

Avec ses 2,9 milliards de dette, Casino (77 000 salariés) n’est pas mieux loti. Depuis un an, la restructuration impulsée par le groupe s’est traduite par la vente de 20 hypers, 50 supermarchés, de la restauration et de la logistique. « Ici, c’est une logique de capitalisme financier qui est à l’œuvre », affirme la Fédération des Services. Le groupe n’a certes pas eu encore recours au PSE mais, craint André Moreno, le délégué syndical central (DSC) CFDT, « la casse sociale se fait après les rachats. On sait par exemple que Lidl ne travaille qu’avec un tiers des effectifs des magasins rachetés ». Chez Auchan (74 000 salariés), la bataille de l’équipe CFDT porte essentiellement sur le reclassement de 787 salariés. La structure juridique du groupe de la famille Mulliez ne l’oblige pas à recaser les licenciés dans les autres enseignes du groupe pourtant situées sur le même site que les 21 magasins menacés. Pour Guy Laplatine, le DSC CFDT, « le groupe doit employer les 522 millions du CICE à créer des passerelles entre les enseignes pour reclasser les salariés ». Il y va de la survie des emplois dans un secteur en pleine mutation.

dblain@cfdt.fr