Anticiper, concerter, coordonner : la méthode de la CFDT-Services face au Covid-19

Publié le 18/11/2020

En maintenant la fermeture des commerces « non essentiels » jusqu’à la fin novembre au mieux, le gouvernement a douché les espoirs de tout un secteur, chamboulé par la crise sanitaire et des années de manque d’anticipation stratégique.

Dès l’annonce du reconfinement national, à la fin octobre, la CFDT-Services pointait la nécessité de mettre en place un « comité de filière » regroupant l’ensemble les acteurs de l’habillement, l’électroménager, la librairie ou le jouet – tant il est vrai que le commerce est un secteur interpénétré, fragilisé par les modifications des habitudes de consommation (vente à distance) et les circuits de distribution (grande distribution et plateformes logistiques). Une requête restée à ce jour sans réponse, le gouvernement préférant éteindre l’incendie en interdisant la vente de produits non alimentaires à la grande distribution ; cause perdue.

Cahier revendicatif

Car de la même manière que les fermetures de commerces ne sauraient constituer une solution à la crise sanitaire, les interdictions imposées à la grande distribution ne régleront pas les problèmes économiques et sociaux du commerce. Dans un cahier revendicatif publié début novembre, la CFDT-Services propose plusieurs mesures de soutien au secteur et à ses salariés : prise en charge à 100 % du chômage partiel pour les temps partiels, prime exceptionnelle aux CDD dont le contrat ne serait pas renouvelé, aide à la transition professionnelle… En parallèle, elle demande l’ouverture d’une négociation de branche dans la grande distribution pour aborder les questions d’activité partielle et de reconnaissance des salariés, au cœur d’une concertation ouverte début novembre sur ces travailleurs de la deuxième ligne. « Il serait temps que les représentants patronaux s’engagent sur la classification des emplois, les rémunérations ou les conditions de travail, et communiquent de façon transparente sur l’évolution de la pandémie dans les entreprises. Actuellement, ce n’est pas le cas. »

aballe@cfdt.fr

photo © É.Tschaen_Réa