Les congés parentaux
Le congé maternité
Le contrat de travail est suspendu durant le congé maternité.
Quels droits pendant et après ma grossesse ?
Le congé maternité permet de :
cesser son activité professionnelle durant la période précédant et suivant la naissance ;
percevoir des indemnités journalières sur la période en fonction du montant de vos 3 derniers mois de salaire (entre 10.79 € minimum et 100,36 € maximum par jour pour 2026) ;
garantir la reprise de son contrat de travail à la fin du congé, l’employeur étant dans l’impossibilité de rompre ce contrat pendant la durée du congé maternité (1).
L’Assurance maladie prévoit un simulateur pour anticiper vos éventuelles indemnités journalières : cliquez ici.
La durée du congé maternité varie selon le nombre d’enfants du foyer et dans le cas d’une grossesse multiple. Cette durée varie donc selon le nombre d’enfants à naître. Il se décompose sous la forme d’un congé prénatal (fixé par rapport à la date prévue de l’accouchement) et un congé postnatal suivant l’accouchement. Il se décompose comme suit :
1er ou 2e enfant à naître : 6 semaines de congé prénatal et 10 semaines de congé postnatal (2).
3e enfant ou plus à naître : 8 semaines de congé prénatal et 18 semaines de congé postnatal (3).
Jumeaux à naître : 12 semaines de congé prénatal et 22 semaines de congé postnatal.
Triplés ou plus à naître : 24 semaines de congé prénatal et 22 semaines de congé postnatal (4).
La salariée peut choisir de faire le report d’une partie de son congé maternité prénatal après l’accouchement sur un avis favorable du médecin et dans la limite de 3 semaines (2). Elle peut autrement faire le choix d’anticiper son congé de deux semaines à partir du 3e enfant inclus (3).
Comment accéder à mes droits ?
Le congé maternité est identique et ouvert aux salariées et agentes des fonctions publiques en CDI, CDD, temps partiel, mais aussi aux demandeuses d’emploi. Pour accéder à vos droits, les conditions sont les suivantes depuis le 20 août 2023 :
Si vous exercez une activité discontinue (par exemple saisonnière), vous devez remplir l’un des deux critères suivants :
- Avoir travaillé 600 heures pendant l’année précédant la date de début de grossesse ou le début du congé prénatal.
- Avoir cotisé sur un salaire égal à 2030 fois le SMIC horaire dans l’année précédant la date de l’accouchement ou le début du congé prénatal (soit 23 649, 50 € au 1er janvier 2024).

Pensez à déclarer votre grossesse :
- Auprès de la CAF et de la CPAM (ou la MSA pour le régime agricole) avant la 14e semaine de grossesse en leur transmettant l’attestation du 1er examen médical,
- Auprès de votre employeur avant la fin du 4e mois de grossesse en transmettant un certificat médical attestant de votre date prévue d’accouchement.
Le congé adoption
Le congé adoption est accordé aux salariés à qui un enfant est confié en vue de son adoption, notamment par les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE), l’Agence française de l’adoption, un organisme autorisé pour l’adoption ou encore à la suite d’une décision d’une autorité étrangère compétente, à condition que l’enfant soit autorisé à entrer en France à ce titre. Il garantit des protections similaires au congé maternité.
La durée du congé
La durée du congé dépend du nombre d’enfants déjà à charge dans le foyer au moment de l’adoption (5)
0 ou 1 enfant déjà à charge : 16 semaines de congé ;
2 enfants ou plus déjà à charge : 18 semaines de congé.
En cas d’adoption simultanée de plusieurs enfants, le congé est porté à 22 semaines.
Lorsque les deux parents salariés choisissent de se partager le congé d’adoption, sa durée est majorée de 25 jours ou 32 en cas d’adoption simultanée (6).
La protection des parents
L’employeur ne peut pas refuser le bénéfice du congé d’adoption dès lors que les conditions légales sont remplies.
Depuis le 2 janvier 2026, le salarié engagé dans un parcours d’adoption peut bénéficier de 5 autorisations d’absence rémunérées afin d’effectuer les démarches nécessaires liées à l’agrément ou à la procédure d’adoption. Ces absences sont assimilées à du temps de travail effectif et n’entraînent aucune perte de rémunération.
Depuis le 26 octobre 2025, le salarié qui reprend son acticité à l’issue de son congé d’adoption bénéficie d’un entretien de parcours professionnel (7).
En outre, le Code du travail consacre un principe d'égalité entre les parents biologiques et les parents adoptants : les salariés en congé d'adoption bénéficient de garanties comparables à celles prévues pour le congé maternité, notamment en matière de protection de l'emploi et de retour dans l'entreprise (8).
Le congé paternité et accueil de l'enfant
À l'occasion de la naissance d'un enfant, certains salariés peuvent bénéficier d'un congé de paternité et d'accueil de l'enfant, venant s'ajouter au congé de naissance.
Bénéficiaires du congé
Peuvent bénéficier du congé de paternité et d'accueil de l'enfant (9):
le père de l'enfant ;
le conjoint de la mère ;
le partenaire lié à la mère par un PACS ;
le concubin vivant maritalement avec la mère ;
dans le cas d'un couple de femmes ayant effectué une reconnaissance conjointe anticipée, la mère qui n'a pas accouché.
La durée du congé paternité et d'accueil de l'enfant
Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant est obligatoirement précédé du congé de naissance de 3 jours ouvrables.
La durée du congé paternité et accueil de l'enfant dépend ensuite de la situation familiale du salarié (9).
Naissance d'un enfant
Le salarié bénéficie de 25 jours calendaires (en plus du congé de naissance de 3 jours ouvrables) de congé de paternité, dont :
4 jours calendaires obligatoires, pris immédiatement à la suite du congé de naissance ;
21 jours calendaires pouvant être pris en une ou plusieurs périodes, selon les règles de fractionnement applicables.
Naissance multiple
En cas de naissance de plusieurs enfants, le salarié bénéficie de 32 jours calendaires de congé de paternité, dont :
4 jours calendaires obligatoires à la suite du congé de naissance ;
28 jours calendaires pouvant être pris ultérieurement, en une seule fois ou de manière fractionnée.
Le congé doit être pris dans les 6 mois suivant la naissance ou l’accueil de l’enfant. Ce délai peut être reporté dans certains cas particuliers, notamment en cas d'hospitalisation de l'enfant ou de décès de la mère.

Cas du décès de la mère (10) :
Si le salarié est le père biologique de l'enfant, le père peut bénéficier du congé maternité postnatal restant à courir. Dans ce cas, le délai de 6 mois pour prendre la partie non obligatoire du congé de paternité est suspendu et peut être reporté jusqu'à la fin du congé maternité postnatal.
Si le salarié vivait en couple avec la mère, lorsque le père biologique de l'enfant ne bénéficie pas du congé maternité postnatal, celui-ci peut être accordé :
- Au conjoint, partenaire de PACS ou concubin de la mère ;
- À la mère n'ayant pas accouché dans le cadre d'un couple de femmes ayant réalisé une reconnaissance conjointe anticipée.
Démarches
Le salarié doit informer son employeur :
de la date prévisionnelle de l'accouchement ;
des dates de début et de fin de son congé.
Cette information doit être communiquée au moins un mois avant la date prévue de prise du congé.
Lorsque ce délai de prévenance est respecté, l'employeur ne peut pas refuser le congé.
En cas de refus injustifié, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes.
Indemnisation
Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant peut donner lieu au versement d'indemnités journalières de la Sécurité sociale.
Pour être indemnisé, le salarié doit notamment :
prendre son congé dans les 6 mois suivant la naissance de l'enfant (sauf exceptions légales, notamment en cas d'hospitalisation de l'enfant ou de décès de la mère) ;
être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois à la date de début du congé ;
avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé
ou, à défaut, en cas d'activité saisonnière ou discontinue, avoir travaillé au moins 600 heures ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le montant du Smic horaire au cours de l'année précédant le début du congé ;
cesser toute activité salariée pendant la période indemnisée, y compris en cas de pluralité d'employeurs.
Le montant des indemnités journalières est calculé par l'Assurance maladie en fonction de la situation du salarié. Un simulateur est disponible sur le site de l'Assurance maladie pour estimer leur montant : cliquez ici
Congé parental d'éducation
Le congé parental d'éducation permet à un parent salarié de suspendre ou de réduire son activité professionnelle afin de s'occuper de son enfant.
Le salarié doit justifier d'au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise à la date de naissance de l'enfant ou de son arrivée au foyer en cas d'adoption (11).
Le congé parental peut être pris :
à temps plein (suspension totale du contrat de travail) ;
à temps partiel (réduction du temps de travail).
Durée
La durée du congé parental varie selon le nombre d'enfants concernés et, en cas d'adoption, selon leur âge au moment de leur arrivée au foyer (12).
En cas de naissance
Naissance d'un enfant : le congé est accordé pour une durée initiale de 1 an, renouvelable 2 fois. Il prend fin au plus tard à la date du troisième anniversaire de l'enfant.
Naissance simultanée de deux enfants : le congé est accordé pour une durée initiale de 1 an, renouvelable 2 fois. Il prend fin au plus tard à la date de leur entrée à l'école maternelle.
Naissance simultanée de trois enfants ou plus : le congé est accordé pour une durée initiale de 1 an, renouvelable 5 fois. Il prend fin au plus tard à la date du sixième anniversaire des enfants.
En cas d'adoption
Adoption d'un ou deux enfants âgés de moins de 3 ans : Le congé est accordé pour une durée initiale de 1 an, renouvelable 2 fois. Il prend fin au plus tard trois ans après leur arrivée au foyer.
Adoption simultanée de trois enfants ou plus âgés de moins de 3 ans : le congé est accordé pour une durée initiale de 1 an, renouvelable 5 fois. Il prend fin au plus tard à la date du sixième anniversaire des enfants.
Situation du salarié pendant le congé
Lorsque le congé parental est pris à temps plein, le contrat de travail est suspendu. Le salarié n'est donc pas rémunéré par son employeur pendant les périodes non travaillées.
Sous réserve de remplir les conditions prévues par la réglementation, il peut bénéficier d'aides versées par la Caisse d'allocations familiales (CAF), notamment dans le cadre de la Prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE).
Retour dans l'entreprise
À l'issue du congé parental d'éducation, le salarié retrouve son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente à celle perçue avant son départ.
Le congé supplémentaire de naissance
Mis en place en 2026, le congé supplémentaire de naissance permet aux parents de consacrer davantage de temps à leur enfant durant ses premiers mois de vie. Il vient s’ajouter aux congés existants sans les remplacer. Ce congé ouvre également droit à une indemnisation (13).
Bénéficiaires
Le congé supplémentaire de naissance est ouvert aux deux parents :
La mère de l’enfant ;
Le père de l’enfant ;
Le conjoint, concubin ou partenaire de PACS de la mère ;
Dans le cas d’un couple de femmes ayant effectué une reconnaissance conjointe anticipée, la mère n’ayant pas accouché.
Pour pouvoir bénéficier du congé supplémentaire de naissance, le ou la salarié(e) doit avoir préalablement pris son congé maternité, congé de paternité et accueil de l’enfant ou congé d’adoption selon la situation.
Durée et modalités
Chaque parent peut bénéficier de 1 ou 2 mois de congé pouvant être pris de manière fractionnée.
Le congé peut être pris simultanément par les deux parents ou en alternance entre eux.
Pour en bénéficier, le ou la salarié(e) doit simplement informer son employeur au moins un mois avant la date de début souhaitée, en précisant : la date de début de congé, sa durée et les potentielles modalités de fractionnement

Un dispositif très récent : des délais spécifiques de mise en œuvre
En raison de la mise en place récente de ce dispositif, des délais spéciaux ont été prévus :
- Enfant né ou arrivé au foyer entre le 1er janvier 2026 et le 30 juin 2026 : le congé doit être pris entre le 1er juillet 2026 et le 30 mars 2027
- Enfant né prématurément avant le 1er janvier 2026 : lorsque la naissance était initialement prévue après le 1er janvier 2026, le congé doit également être pris entre le 1er juillet 2026 et le 30 mars 2027
- Enfant né ou arrivé au foyer à partir du 1er juillet 2026 : me congé doit être pris dans les neuf mois suivant la naissance de l’enfant ou son arrivée au foyer en cas d’adoption
Indemnisation
Pendant le congé supplémentaire de naissance, le salarié ne perçoit pas son salaire habituel. Il bénéficie d’une indemnisation versée par la CPAM ou la MSA.
L’indemnisation est dégressive :
70% du salaire net pendant le premier mois ;
60% du salaire net pendant le second mois
Le montant de l'indemnisation est plafonné à 4 005 euros par mois.
Absences légales liées à la grossesse, à la santé de l'enfant et à la PMA
Certaines situations familiales ou médicales ouvrent droit à des autorisations spécifiques. (14)
Absences pour examens médicaux liés à la grossesse.
La salarié enceinte bénéficie d’autorisation d’absence pour se rendre aux examens médicaux obligatoires prévus dans le cadre du suivi de sa grossesse.
Ces absences concernent les 7 examens prénataux obligatoires et sont considérés comme du temps de travail effectif.
La personne vivant en couple avec la salariée enceinte (conjoint, partenaire de PACS ou concubin) bénéficie également d’autorisations d’absence pour assister à certains examens médicaux obligatoires. Elle peut s’absenter pour 3 examens maximum au cours de la grossesse.
Absences dans le cadre d’une PMA
Le salarié engagé dans un parcours de PMA bénéficie d’autorisations d’absence pour les actes médicaux nécessaires au protocole. Ces autorisations sont également ouvertes pour les salariés bénéficiant d’un traitement médical contre l’infertilité.
La personne vivant en couple avec le ou la salarié(e) concerné(e) peut également bénéficier d’autorisations d’absence pour l’accompagner à certains rendez-vous médicaux.
Absences pour enfant malade :
Le salarié ayant la charge d’un enfant de moins de 16 ans peut bénéficier d’un congé non rémunéré en cas de maladie ou d’accident de l’enfant nécessitant sa présence (15).
La durée maximale de ce congé est de :
3 jours par an dans le cas général
5 jours par an lorsque l'enfant est âgé de moins d’un an ou qu’il assume la charge d’au moins 3 enfants âgés de moins de 16 ans
Absences liées à l’allaitement.
Pendant l’année qui suit la naissance de l’enfant, la salariée qui allaite peut disposer d’une heure par jour pendant son temps de travail pour allaiter son enfant (16).
Cette durée est généralement divisée entre le matin et l’après-midi.