Rapport d'activité - Le Pacte du pouvoir de vivre

  • Congrès 2026

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NOTRE PROJET EN 2022

En 2022, après plusieurs années de disette intersyndicale, le Pacte est vécu comme une fierté pour nos militantes et militants tant il montre une CFDT capable de fédérer autour d’elle - à égalité et sans hégémonie d’aucun - des alliés fiables, dynamiques et engagés sur un corpus de valeurs dans lesquelles chacun, chacune de nous se retrouve.
Le Congrès affichait alors de faire du Pacte du pouvoir de vivre un véritable multiplicateur du pouvoir d’agir sur le territoire et dans les entreprises. « Notre objectif est de pérenniser cette alliance dans le temps pour qu’elle rende visible une société civile autonome, productrice de sens, de débat public, d’expertises d’usage, d’idées et de propositions tournées vers l’action » (article 1.3.3.1 de la résolution de Lyon).

Le Pacte du pouvoir de vivre

Avril 2023 : sortir de la crise démocratique, donner le pouvoir d’agir. Le Pacte présente, en conférence de presse, les résultats d’un sondage sur les inquiétudes des Français et des Françaises face à l’avenir et apportent des perspectives pour sortir de la crise démocratique.

Septembre 2023 : partager plus pour financer plus. Le Pacte appelle à l’ouverture d’une grande réforme de la fiscalité pour instaurer une politique du partage et publie ses propositions.

Juin 2024 : mobilisation contre l’extrême droite dans le cadre d’une coalition de plus de 100 organisations de la société civile lors des élections législatives anticipées.

Janvier 2025 : rupture des allocations de la Caisse d’allocations familiales (CAF), garantir la stabilité des ressources des plus précaires. Le Pacte s’alarme d’un grand nombre de bénéficiaires en situation précaire qui n’accèdent plus à leurs droits sociaux. Il formule des propositions pour éviter les ruptures de droits.

Mai 2025 : projet de loi de Finances 2026, le Pacte avance des solutions concrètes pour dégager des marges de manoeuvre budgétaire et répondre aux urgences sociales et écologiques.

LE PACTE DU POUVOIR DE VIVRE, REMÈDE CONTRE LA CRISE DÉMOCRATIQUE

Dès le début de la mandature, le Pacte du pouvoir de vivre s’engage avec la CFDT - sans procès d’intention ni naïveté - dans le Conseil national de la refondation (CNR) censé incarner le changement de méthode auquel s’était engagé le président de la République pendant sa campagne. Hélas, il ne faudra pas attendre bien longtemps pour comprendre que cette initiative – intéressante sur le papier - se révèle être une opération de communication plutôt qu’une réelle volonté de coconstruire les politiques publiques avec la société civile. La crise politique couve.

Les membres du Pacte ont conscience que pour éviter un renoncement démocratique, ce collectif peut constituer un sas ou un trait d’union entre les citoyennes et citoyens – et parmi eux un grand nombre de nos militants – et l’action politique. Ainsi, le Pacte ouvre ses portes aux citoyens qui souhaitent s’engager pour un autre projet de société qui concilie transition écologique et justice sociale. Ils seront des milliers à le rejoindre en s’inscrivant via le site internet. Le Pacte est aussi un espace d’échanges et de formation pour les militants des organisations, mais aussi pour les jeunes ! C’est l’ambition qui préside à la création en 2023 de l’École du pouvoir de vivre, toute première formation dédiée aux 18-35 ans, exclusivement dispensée par la société civile organisée. Elle permettra à 50 jeunes – dont certains adhérentes et adhérents à la CFDT - de se former sur les sujets portés par le Pacte.

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En savoir plus : L’école du pouvoir de vivre 

En septembre 2023, le Pacte du pouvoir de vivre lance la première formation en France dispensée par la société civile : l’école du pouvoir de vivre. L’objectif de cette école est de préparer la bataille culturelle à venir pour mettre en œuvre un projet de société écologique, juste et démocratique, en proposant un espace d’apprentissage, de partage de connaissances, de réflexions, autrement dit d’éducation populaire.  

Pour sa première formation qui a réuni 50 jeunes de 18 à 35 ans pendant 6 mois (3 jours en présentiel et 35 sessions en distanciel exclusivement animées par les organisations du collectif), le Pacte avait pour objectifs de :
- identifier sur les prochaines années la première génération de citoyennes et citoyens engagés et porteurs du « pouvoir de vivre », et en particulier des jeunes ; 
- former des citoyens en capacité de porter les propositions du Pacte dans les lieux de décision et notamment dans la sphère politique ;  
- former des citoyens qui pourront agir sous différentes formes au sein des organisations du Pacte du pouvoir de vivre ;  
- enrichir notre plaidoyer à partir des échanges organisés avec ces citoyens formés ;
- développer les connaissances des citoyens sur le fonctionnement des organisations de la société civile. 

Si le format en distanciel a généré quelques désistements, la formation aura permis d’atteindre la plupart de ces objectifs.

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La démocratie sera, deux ans et une dissolution plus tard, au coeur de deux jours de débats « Reprendre le pouvoir sur nos vies » organisés par le Pacte à Nantes, avec la République des idées (groupe de réflexions créé par Pierre Rosanvallon en 2002), grâce à un fort investissement de nos militants au sein du groupe local.

UN AUTRE PROJET DE SOCIÉTÉ

À l’instar de la CFDT, les valeurs et les propositions portées par le Pacte du pouvoir de vivre sont à l’opposé des idées d’extrême droite qui infusent la société. Mais pas seulement la société : les sénateurs et sénatrices « Les Républicains » transforment à coups d’amendements le projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » en véritable texte de stigmatisation et d’exclusion des étrangères et étrangers. Une « déchéance de fraternité » dénoncée par la CFDT et par le Pacte du pouvoir de vivre qui appellent à se mobiliser contre la loi qui, même censurée en partie par le Conseil constitutionnel, restera inacceptable dans sa version définitive.

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En savoir plus : La CFDT et le Pacte du pouvoir de vivre contre la loi Immigration

Début 2023, le ministre de l’Intérieur et le ministre du Travail ont déposé un projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » qui visait alors à faciliter l’intégration des étrangères et étrangers présents sur le territoire mais aussi à renforcer les motifs pour les expulser plus facilement ou plus rapidement. Mis en pause à la faveur de la mobilisation contre la réforme des retraites, le projet de loi a été repris par le Sénat en octobre 2023 dans un contexte délétère qui a vu un grand nombre de responsables politiques de droite et d’extrême droite multiplier les outrances et les anathèmes sur les étrangers en France. Cette séquence, ainsi que l’attitude de l’exécutif et du Gouvernement, resteront dans notre histoire récente comme une tache indélébile portée aux valeurs de la République. 

La CFDT, qui a produit une analyse article par article, s’est mobilisée en propre et avec le Pacte du pouvoir de vivre contre cette loi qui compte un grand nombre de mesures qui vont fragiliser les parcours d’intégration et porte en elle une atteinte aux droits des citoyennes et citoyens étrangers vivant sur le sol français. Aux côtés de ses militantes et militants qui accompagnent quotidiennement les étrangers pour faciliter leur intégration notamment grâce à la régularisation par le travail, la CFDT a affirmé par la voie de sa secrétaire générale, dans les médias et lors de la manifestation du 21 janvier 2024 contre la promulgation du texte, son soutien aux milliers de bénévoles dont ceux membres des organisations du Pacte qui mènent des actions au quotidien en faveur de l'accès à l'emploi, au logement et à l'apprentissage du français.

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Fort de sa première place aux élections européennes, au cours desquelles le Pacte a fait entendre sa voix pour « une Europe du pouvoir de vivre et d’agir », le Rassemblement national a entamé les élections législatives de juin 2024 en position hélas favorable. Le Pacte se mobilise, aux côtés de l’Alliance écologique et sociale (AES), pour appeler au vote, faire barrage et porter 16 mesures prioritaires à mettre en oeuvre après l’élection. Dans ce moment décisif pour notre démocratie et nos libertés, la mobilisation citoyenne a largement contribué à limiter les risques d’accession au pouvoir de l’extrême droite.

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En savoir plus : Les 16 mesures prioritaires portées par le Pacte du pouvoir de vivre - avec plus de 100 organisations de la société civile organisée - dans le cadre des élections législatives de juin/juillet 2024
1.    Revenir sur la réforme des retraites comme sur la réforme de l’assurance chômage. 
2.    Augmenter les bourses et donner accès au RSA dès 18 ans. 
3.    Garantir l'accès aux services publics sans condition de nationalité et partout sur le territoire pour lutter contre les déserts médicaux, investir massivement pour leur réhabilitation concernant l’école, les transports, la prise en charge de la dépendance, la petite enfance, la sécurité, la justice partout et notamment dans les zones rurales et les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
4.    Augmenter les revenus des ménages via la revalorisation des salaires, des pensions et des minima sociaux.
5.    Encadrer les loyers dans les secteurs tendus et rendre les logements sociaux accessibles aux plus pauvres. 
6.    Soutenir massivement la rénovation des logements avec un reste à charge à 0 € pour les propriétaires à faibles ressources, et une mise en accessibilité. 
7.    Garantir un droit à la mobilité avec un pass mobilité mensuel qui rendra accessible le train et les transports en commun au quotidien et un “billet congés annuels” pour partir en vacances en train à petit prix une fois par an. 
8.    Faciliter l'accès aux droits, en particulier au travail et aux minima sociaux, par de l'accompagnement humain dans les services sociaux. 
9.    Adopter une loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. 
10. Abroger le contrat d’engagement républicain, garantir les libertés d’expression et de manifestation, et une justice indépendante, revenir sur les reculs de la dernière loi Immigration 
11. Instaurer des prix garantis pour assurer un revenu décent aux agriculteurs et une meilleure rémunération des pratiques agro-écologiques. 
12. Protéger au moins 30% des terres et des mers et protéger strictement 10% des terres et 10% de chaque façade maritime et chaque bassin ultramarin. 
13. Taxer les superprofits et le patrimoine financier et immobilier des très riches pour financer la transition écologique juste. 
14. Établir un plan de réindustrialisation et de relocalisation de l’industrie et en particulier relocaliser la production de petits véhicules électriques "made in France". 
15. Adopter une loi de programmation pour donner des moyens à une politique publique ambitieuse de l’Économie sociale et solidaire (ESS) à la hauteur de son poids dans l’économie. 
16. Généraliser la garantie d'emploi contre le chômage de longue durée au niveau territorial.

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La lutte contre les idées d’extrême droite est un des axes stratégiques que le Pacte valide début 2024. Mais il n’est pas question de se positionner uniquement « contre ». Le collectif veut être offensif pour que son projet soit mis en oeuvre, un projet de société incarné par 90 propositions portées dans le cadre de l’élection présidentielle de 2022, qui s’est enrichi tout au long de la mandature. Via de nombreux groupes de travail dans lesquels la CFDT s’est activement impliquée, les 63 organisations ont débattu dès 2023 de mesures pour plus de justice fiscale, puis en 2025 dans le cadre des débats sur le projet de loi de finances 2026. La CFDT a animé le groupe « Services publics » qui a diffusé une enquête relayée par nos unions régionales. L’accès et le recours aux droits, le droit aux vacances, l’emploi et la transition écologique, l’anticipation du marché du carbone en Europe (Emissions Trading Schemes - ETS 2) qui risque de faire flamber les factures d’énergie et enfin le plaidoyer pour les élections municipales, sont également les sujets mis en avant par le Pacte, relayés par la CFDT, tout au long de la mandature.

À l’occasion de webinaires très suivis par nos militants ou via les réseaux sociaux, le Pacte a fait vivre son projet et s’est installé - c’était dans notre feuille de route - dans notre action syndicale et le débat public.

LA CFDT, UN RÔLE ESSENTIEL DANS LE PACTE AU NIVEAU NATIONAL ET LOCAL

Après 3 ans d’existence bien réelle mais informelle sur le plan juridique, le Pacte du pouvoir de vivre a franchi une étape majeure en janvier 2023 avec la création de l’association d’animation du Pacte du pouvoir de vivre. Si cette étape peut sembler relever d’une simple question administrative, elle a permis au Pacte de stabiliser son fonctionnement. La CFDT a conservé la coordination du Pacte et hébergé le collectif dans ses locaux. 

Ce qui aura toutefois été le plus marquant en interne depuis 2022, c’est l’infatigable investissement de nos militants - et parmi elles et eux un grand nombre de retraité·es déjà investis dans nos UTR (Unions territoriales de retraités) - pour faire vivre le Pacte via les groupes locaux. Parce que chacun a bien compris qu’avant même d’obtenir des résultats, l’essentiel peut résider dans le fait que des organisations se repèrent, se connaissent sur un même territoire. Parce que la démocratie a besoin de femmes et d’hommes qui investissent de leur temps dans ce qu’ils croient. À travers des rencontres avec les élu·es, des stands dans divers évènements locaux, des débats avec les candidates et les candidats lors des législatives, des opérations de communication pour inviter les citoyens à rejoindre le Pacte, nos unions et militants ont oeuvré à côté d’autres organisations pour le collectif. Peu présent en entreprise, le Pacte du pouvoir de vivre n’en reste pas moins une alliance que nos sections ont pu mettre en avant pour faciliter des actions de développement ou montrer que nous n’étions pas seuls, et même bien entourés.

MICHAËL, F3C, INITIATEUR DES SENTINELLES VERTES
"Dans les restaurants d’entreprise où nous avons la main, nous pouvons par exemple imposer de ne plus retrouver dans nos assiettes des poissons issus de la pêche industrielle. On peut commencer par cela… Mais nous ne ferons pas tout seuls. Puisque nous sommes le “dernier kilomètre” dans l’entreprise, nous devons agir avec des ONG (Organisations non-gouvernementales), associations, etc. Nous devons élaborer des partenariats. C’est ce que nous faisons avec le Pacte du pouvoir de vivre."

Alors que la société française s’est davantage polarisée et que les idées d’extrême droite
se sont encore banalisées lors de cette mandature, le Pacte du pouvoir de vivre reste –
sept ans après sa création - un espace essentiel de l’écosystème démocratique et institutionnel de notre pays. En cela, notre objectif de pérenniser cette alliance inédite est atteint.
Pour autant, il est difficile de se satisfaire devant cet affaiblissement de tous les contre-pouvoirs en France, et notamment de la société civile malmenée par un exécutif qui n’aura jamais voulu entendre ou comprendre le bénéfice d’une bonne articulation de la démocratie représentative, de la démocratie sociale, civile et de la démocratie participative. La période est, à bien des égards, anxiogène, mais le Pacte porte un projet d’espoir dont nous avons besoin. Plus que jamais.

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