Télétravail, organisation et pratiques syndicales dans les services : une mise à l’épreuve des collectifs au travail ?

Publié le 31/01/2024

Etude réalisée par Sophie Louey, Henri Bergeron et Jérôme Pélisse (Sciences Po, Centre de sociologie des organisations), et financée par l'Agence d'objectifs de l'IRES.

Si le télétravail était une pratique peu répandue avant 2020, la crise sanitaire de la Covid-19 a conduit à accélérer ce mode d'organisation. Comment le télétravail modifie les modalités d'organisation, de représentation et de travail des collectifs impliqués dans les activités productives ? L'étude apporte des réponses à cette question à partir d'une enquête sur le recours au télétravail dans les secteurs de l'assurance et de l'assistance. Elle développe par des méthodes qualitative (entretiens, analyses d'accords et de documentations) et quantitative (via un questionnaire à destination  d'adhérent.e.s de la fédération Banques et Assurances), trois thèmes principaux : le premier porte sur le déroulement des négociations du télétravail à l'échelle de la branche Assurances puis des entreprises, et sur les compromis qui en ont découlé ; un autre thème de l'enquête s'intéresse aux effets du télétravail sur les collectifs syndicaux, du point de vue des élu.e.s, des militant.e.s et des adhérent.e.s, et de leurs relations aux salarié.e.s et aux directions. Enfin, l'étude analyse les effets du télétravail sur les collectifs salarié.e.s et les relations entre salarié.e.s, avec leurs managers et leurs hiérarchies.

Le rapport conclut sur la persistance de paradoxes relatifs au télétravail, sur les ambigüités qui traversent ses modalités de régulation et sur sa possible dilution dans d'autres enjeux de négociation. De fait, si le télétravail n'est pas un droit, il tend a être considéré comme tel par de nombreux salarié.e.s, ce qui pose question notamment aux directions qui cherchent aujourd'hui globalement à en réduire l'usage, mais aussi aux représentant.e.s du personnel et aux syndicalistes, souvent bousculé.e.s par les ambivalences qui traversent les usages du télétravail.