Un rapport de l'OIT pointe la mauvaise qualité de l’emploi

Publié le 03/02/2020

Les progrès accomplis pour réduire le chômage dans le monde ne s’accompagnent pas systématiquement d’une amélioration de la qualité de l’emploi. C’est ce que révèle le rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’emploi et les questions sociales en 2019.

Dans le monde, 473 millions de travailleurs souffrent du sous-emploi en raison d’une croissance insuffisante ! Pour obtenir cette estimation, les experts ont additionné les 188 millions de chômeurs officiellement recensés (taux stable) aux 165 millions qui souhaitent travailler davantage et aux 120 millions de personnes non identifiées comme chômeurs mais en âge ou sur le point de rejoindre le monde du travail.

61 % des travailleurs dans l’informel

« Le fait d’avoir un emploi rémunéré ne garantit pas des conditions de travail décentes ni un revenu suffisant pour une grande partie des 3,3 milliards de personnes employées dans le monde en 2019 », observe également le rapport. Des revenus insuffisants qui conduisent souvent les travailleurs vers le secteur informel, où la faible rémunération s’accompagne d’un moindre accès à la protection sociale et au droit du travail. Au total, cela concerne 2 milliards de travailleurs, soit 61 % de la population active. Tout en bas de l’échelle, le rapport dénombre 630 millions de travailleurs pauvres qui vivent, avec leur famille, dans la pauvreté extrême ou modérée avec moins de 3,20 dollars (2,88 euros) par jour. Selon l’OIT, un certain nombre de déficits majeurs en matière de travail décent perdurent. « Au rythme actuel des progrès effectués, l’objectif du travail décent pour tous, tel qu’énoncé dans les objectifs de développement durable (ODD), semble impossible à atteindre dans de nombreux pays, prévient l’OIT. Or l’égalité et le travail décent sont deux des piliers sur lesquels repose le développement durable. » Le travail en la matière est loin d’être terminé.

dblain@cfdt.fr

photo © OIT