Coopération renforcée entre la CFDT et l’UGTT

Publié le 29/01/2014

Le 26 janvier, trois ans après la révolution qui a marqué le début du printemps arabe, la nouvelle constitution tunisienne a été adoptée. L’UGTT (Union générale tunisienne du travail), première organisation syndicale en Tunisie, a joué un rôle prépondérant dans cette phase de transition démocratique. Marcel Grignard, secrétaire national chargé des relations internationales, a rencontré ses responsables le 20 janvier, à l’occasion du 68e anniversaire de l’organisation et de l’inauguration de sa nouvelle centrale à Tunis. Interview.

      
    Mohamed Mselmi, secrétaire général adjoint de l'UGTT   

Comment définir les relations entre la CFDT et l’UGTT ?

Elles ne sont pas nouvelles. En 1993, déjà, la CFDT avait organisé son université d’été en Tunisie. Nous avons été aux côtés de l’UGTT pendant toute la période de dictature, en nous associant par exemple à la défense des syndicalistes emprisonnés. Depuis la révolution dite de jasmin, en 2011, nous avons renforcé nos liens. Un programme de coopération associant Confédération et fédérations de l’UGTT et de la CFDT a été mis en œuvre. Il ne s’est pas déployé comme prévu à cause de la situation très difficile que la Tunisie a connue en 2013, mais nous souhaitons aujourd’hui lui donner un nouvel élan.

Quel rôle l’UGTT a-t-elle joué dans l’évolution récente de la Tunisie ?

L’UGTT a toujours représenté une force syndicale importante. Pendant la dictature de Ben Ali, elle a essayé de garantir au mieux les droits et libertés des travailleurs puis a joué un rôle significatif dans la chute du régime. Lorsque le gouvernement était aux mains du parti Ennahda, qui n’a pas réussi à remettre le pays sur les rails, la situation est devenue extrêmement tendue avec la montée des violences djihadistes. Cette époque a été marquée par deux assassinats politiques, celui de Chokri Belaïd le 6 février 2013 et du député Mohamed Brahmi le 25 juillet de la même année. Pendant toute cette période, l’UGTT a assumé sa responsabilité d’organisation collective. Elle a été à l’initiative d’une sorte de comité d’unité nationale avec l’Utica [Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat], organisation patronale, et d’autres acteurs de la société civile, pour préserver la démocratie et permettre au pays de se relever. L’UGTT a su préserver son autonomie dans un contexte politique compliqué et rendre possibles les travaux de l’ANC (Assemblée nationale constituante) afin de finaliser la constitution qui vient d’être adoptée.

Quels sont les projets communs à la CFDT et à l’UGTT ?

Nous nous sommes fixé trois objectifs prioritaires : la formation syndicale, le système de la formation professionnelle continue, la place des femmes dans l’entreprise et dans l’organisation. Un comité de pilotage composé de deux représentants de la CFDT et de deux syndicalistes de l’UGTT encadrera cette coopération. Dans le courant de cette année, des délégations de l’UGTT viendront à Paris rencontrer les équipes CFDT responsables de ces différents dossiers et établir les programmes d’action.

Propos recueillis par mneltchaninoff@cfdt.fr