Enfin une concertation sur les travailleurs de la “deuxième ligne”

Publié le 09/11/2020

Les travailleurs de la « deuxième ligne » (dont les métiers ont permis d’assurer la continuité de l’activité économique et sociale pendant la crise sanitaire) sont au cœur de la concertation sur les formes particulières d’emploi lancée le 6 novembre par la ministre du Travail avec les partenaires sociaux.

« L’ambition des travaux n’est pas d’aller sur des primes one shot », prévient d’emblée la rue de Grenelle, qui souhaite « regarder ce qui structurellement et depuis longtemps pénalise certains emplois », citant « les minima salariaux, les conditions de travail, l’accès à la formation et les parcours de carrière ». Une approche globalement partagée, la CFDT précisant vouloir « travailler sur les conditions de valorisation pérennes, qui se mènent sur le moyen et le long terme ».

D’ici à la fin 2020, une mission – confiée par la ministre à l’économiste Christine Erhel et à Sophie Moreau-Follenfant (DRH chez RTE) – permettra d’identifier, avec les partenaires sociaux, les critères permettant de distinguer ces travailleurs de la deuxième ligne et d’en donner une définition objective ; et en déduire ainsi les métiers et professions concernés. Ensuite, la concertation devra « objectiver les conditions de travail » pour voir sur quels sujets il y a lieu de travailler à une reconnaissance. Une approche multidimensionnelle, prenant en compte les types de contrats de travail, la question des transitions professionnelles mais aussi le modèle économique de chaque secteur, est envisagée. « Les pratiques d’externalisation et les politiques d’appel d’offres favorisant les moins-disants devront être questionnés », insiste la secrétaire nationale Catherine Pinchaut.

La branche, le bon échelon ?

Enfin, des travaux seront lancés avec les branches au premier trimestre 2021. Un niveau pertinent et adapté, estime le ministère, quand certains s’interrogent ouvertement. « En théorie, la branche est l’échelon adéquat pour parler classifications, compétences ou encore conditions de travail. Mais le fait est que la plupart des branches concernées ne sont pas celles où il y a un fort dialogue social. Elles doivent donc négocier sur la base d’un cadre et d’un timing contraints », poursuit la CFDT.

Pour l’heure, le gouvernement n’envisage pas d’obligation de négocier, partant du principe que cela ne sera pas nécessaire. Mais en cas de blocage, la question d’une reprise en main par l’interprofessionnel pourrait rapidement se poser.

aballe@cfdt.fr

photo ©Teresa Suarez / Réa