Des mesures pour sauver l’apprentissage

Publié le 05/06/2020

Les premières annonces concrètes pour favoriser l’insertion des jeunes, présentées aux partenaires sociaux par le gouvernement le 4 juin, concernent l’apprentissage. Il y a urgence, car la rentrée de septembre se prépare en ce moment et les acteurs du secteur anticipent une baisse de l’ordre de 20 à 40% du nombre de contrats signés.

Pour enrayer la chute annoncée, le gouvernement propose quatre mesures. D’abord, une aide financière exceptionnelle aux entreprises recrutant des apprentis jusqu’au niveau bac + 3, du 1er juillet au 28 février 2021. Toutes les entreprises qui signeront un contrat d’apprentissage toucheront une aide de 5000 euros pour les jeunes de moins de 18 ans, 8000 euros de 18 à 30 ans. Les entreprises de moins de 250 salariés sont éligibles sans conditions, les autres devront satisfaire à l’obligation légale d’un quota minimum de 5% d’apprentis dans leur effectif. Même si la CFDT aurait souhaité cibler davantage les petites entreprises, Yvan Ricordeau, secrétaire national, approuve ces mesures incitatives qu’il juge indispensables pour éviter la catastrophe à la rentrée. « Nous avions mis l’accent sur la nécessité d’aider financièrement les entreprises pour que la dynamique positive amorcée par l’apprentissage ne soit pas inversée, » souligne-t-il. Un point d’alerte a toutefois été soulevé par la CFDT lors de la réunion du 4 juin : « nous avons demandé que les contrats de professionnalisation, (autre modalité d’alternance destinée aux jeunes et aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans) donnent l’accès aux mêmes aides que les contrats d’apprentissage. »

Les trois mesures suivantes s’adressent directement aux jeunes. La période pendant laquelle un jeune peut suivre sa formation en CFA sans avoir encore trouvé de place en entreprise est étendue de façon temporaire à 6 mois. « Les organisations patronales demandaient 9 ou 12 mois, ce n’était pas acceptable, note Yvan. Qu’une souplesse soit accordée, cela peut s’entendre, mais au vu de l’aide accordée aux entreprises, celles-ci doivent prendre leurs responsabilités. » Parallèlement, le confinement a montré que de nombreux apprentis ont été en difficulté pour suivre les enseignements à distance. Le gouvernement propose donc que les CFA se dotent de parcs d’équipements numériques destinés à être prêtés aux jeunes, répondant à une demande forte de la CFDT. Enfin, tout candidat à l’apprentissage postulant sur Affelnet (logiciel d’affectation au niveau de la troisième) ou sur Parcoursup, devra recevoir au moins une offre de formation. Pour ce faire, le gouvernement souhaite « une mobilisation territoriale forte » associant l’Etat (les rectorats et les Direccte), la région, et les partenaires sociaux. « C’est une porte ouverte à une bourse de l’apprentissage dynamique, approuve Yvan. Il faut réussir à faire vivre cette mesure au niveau local, au niveau des branches et des territoires. A nous de nous en saisir. »

mneltchaninoff@cfdt.fr