Plaidoyer pour le fait syndical en entreprise

Publié le 27/04/2017 à 15H16
C’est tout sauf un hasard : le 20 avril dernier, à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, la CFDT, l’Unsa et le think tank Terra Nova ont publié une note commune intitulée « Le fait syndical en entreprise. Une feuille de route réformiste pour les années qui viennent ».

L'objectif : sortir de la « situation schizophrénique » qui a vu le fait syndical s’affirmer (réforme de la représentativité et accords de Bercy dans la fonction publique, réforme du financement du dialogue social, modernisation du dialogue social et des règles de la négociation collective) et pourtant mis en cause d’un bout à l’autre du spectre politique. Or, rappellent les auteurs, la présence de syndicats permet de défendre les salariés, « partie constituante de l’entreprise », et au-delà les travailleurs ; de soutenir la compétitivité et les stratégies de long terme ; de « valoriser la négociation collective » ; de réguler les conflits.

La note apporte une série de réponses aux « antiennes du populisme antisyndical » : sur la représentativité et le nombre d’adhérents des syndicats, leur supposée obstruction au changement, le monopole de présentation au premier tour des élections professionnelles, la présumée opacité de leur financement, la confusion entre compromis et compromission.

Douze propositions pour aller plus loin

Surtout, elle émet douze propositions pour « étendre la présence syndicale » : donner davantage d’espaces aux acteurs sociaux et à l’accord collectif, poursuivre le développement de la négociation d’entreprise, consolider le rôle des branches dans l'aide à la négociation, développer le mandatement syndical et le syndicalisme de services, améliorer les parcours syndicaux, assurer la transparence sur le mode de calcul du nombre d’adhérents, mettre fin aux déserts syndicaux dans les TPE (très petites entreprises), mobiliser le management, etc. Un plaidoyer pour progresser dans l’affirmation du fait syndical, à la fois « avancée démocratique et impératif de compétitivité ».

aseigne@cfdt.fr