[Vidéo] La Confédération européenne des syndicats de demain sera plus forte

Publié le 02/10/2015

Une Confédération européenne des syndicats renforcée et plus proche des salariés, tels sont les objectifs de l’équipe fraîchement élue et de son nouveau secrétaire général, Luca Visentini. Plusieurs leaders syndicaux, lors de la dernière table ronde du congrès, qui se tenait à Paris, ont été invités à échanger sur le rôle de la CES dans les quatre ans à venir.

  

À quelles priorités s’attacher, quelle stratégie adopter ? À l’évidence, les sujets cruciaux dans une Europe fragilisée et divisée sont la croissance et l’emploi. Le message adressé en ouverture du congrès par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, appelant à une plus grande implication des partenaires sociaux dans la politique économique européenne, a été entendu par les congressistes, prêts à le prendre au mot. « L’Europe est le seul continent qui continue à subir la récession, la déflation ou une croissance faible et qui ne génère pas d’emplois », note Luca Visentini. « Or, l’investissement est le premier pilier de la croissance. La CES a élaboré son propre plan d’investissement, certes, mais nous devons aussi examiner et mettre à l’épreuve la proposition de la Commission européenne », a-t-il précisé, faisant référence au plan Juncker. 

Nous avons besoin d’un syndicalisme européen
plus offensif.
 (Laurent Berger)

Cette vision rejoint celle de la CFDT. Comme l’a expliqué Laurent Berger, « la capacité à influer sur la politique économique, l’investissement, les projets industriels, l’enseignement et la recherche et à défendre des services publics de qualité » sont autant de sujets sur lesquels la CES doit peser davantage. « Nous avons besoin d’un syndicalisme européen plus offensif, a poursuivi le secrétaire général de la CFDT, avec une coopération renforcée au sein de la zone euro, ce qui dans mon idée n’est pas excluant. Notre dynamique de réaction n’est pas suffisante, nous devons fixer notre propre agenda d’actions, de projets, de réflexion. » Ce que la Britannique Gail Cartmail, responsable syndicale au TUC (le Trades Union Congress représente plus de 50 syndicats et 6 millions de travailleurs au Royaume-Uni) a formulé autrement : « Nous voulons une CES un peu moins bureaucratique et plus dynamique, stratégique et efficace. »  Mieux coordonner au niveau européen les campagnes des syndicats nationaux permettrait de gagner en visibilité, de se faire connaître auprès des citoyens.

Élargir notre champ d‘action, coopérer avec la société civile. (Luca Visentini)

Une plus grande ouverture à la société civile est un autre point évoqué par Luca Visentini. « Nous devons élargir notre champ d’action en coopérant avec des ONG, voire avec des partis qui partagent nos points de vue. » Dans la même optique, le nouveau secrétaire général de la CES recommande de renforcer la dimension internationale de la CES, en étant plus solidaire avec les organisations des pays les plus récemment arrivés dans l’Union, ainsi qu’avec les syndicats hors Union européenne.

      

« Notre organisation s’intéresse aux salariés mais doit aussi s’occuper des jeunes, des travailleurs précaires, des faux indépendants, toujours plus nombreux et qui ont besoin des syndicats », a souligné Luca Visentini. Car les modes de production et les modèles économiques changent, et ce n’est pas sans conséquence sur l’emploi et le travail. « En Chine, on construit des maisons en 24 heures avec des imprimantes 3D. Qui aurait pu le prédire lors de notre congrès d’Athènes, il y a quatre ans à peine ? », s’est étonné le Bulgare Plamen Dimitrov, du syndicat Citub, invitant les syndicalistes à se projeter dans le monde du travail de demain. « Face à ce bouleversement, nous devons pousser plus loin nos analyses et nos propositions, car c’est un sujet central aujourd’hui pour le syndicalisme européen », a proposé Laurent Berger. Autant de chantiers passionnants pour la nouvelle équipe de la CES. 

mneltchaninoff@cfdt.fr