Les cinq syndicats représentatifs écrivent au Premier ministre

Publié le 15/10/2020

Une fois n’est pas coutume : à quelques jours de la seconde conférence sociale à Matignon, les cinq organisations syndicales représentatives ont voulu adresser à l’exécutif un signal fort.

« Dans une telle période d’incertitude et d’inquiétude tant pour la santé que pour l’emploi, il nous paraît essentiel que le dialogue social se traduise par une écoute et une réponse effective de la part des pouvoirs publics et le respect de l’autonomie de la négociation collective », écrivent Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT), Yves Veyrier (FO), Cyril Chabanier (CFTC) et François Hommeril (CFE-CGC). En paraphant un courrier commun portant leurs exigences partgées, ils espèrent peser sur les décisions à venir. À commencer par le rôle des IRP, fortement mobilisées depuis le début de la crise sanitaire « malgré des conditions d’exercice dégradées [par] l’affaiblissement des moyens de représentation collective des salariés dû aux effets des ordonnances de 2017 ». En ce sens, ils demandent une « réunion rapide sur l’évaluation des ordonnances travail afin de rétablir les droits de représentation collective des salariés à la hauteur des enjeux actuels » – demande déjà formulée par la CFDT lors de la présentation du bilan annuel de la négociation collective quelques jours plus tôt.

Des contreparties aux aides

Vient ensuite l’exigence d’« engagements en contrepartie et contrôlés quant à leur mise en œuvre effective à court, moyen et long terme, et ce, alors que des dispositifs d’aides publiques massives sont mis en œuvre pour soutenir l’activité ». L’expérience du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) mis en place en 2013 témoigne d’ailleurs d’une telle exigence, tant au regard du bilan macroéconomique (de 100 000 à 160 000 emplois entre 2013 et 2016 selon France Stratégie) que dans le domaine social, la « révolution culturelle du patronat » n’ayant pas eu lieu. Enfin, les signataires demandent une « réunion d’urgence consacrée à la reconnaissance effective du rôle des salariés de la deuxième ligne », tant en matière de salaire et de conditions de travail que de déroulement de carrière. Le sujet s’était invité à la première conférence sociale, en juillet. Mais l’état des lieux prévu en octobre en vue de l’ouverture de négociations dans les branches professionnelles n’a pour l’instant pas commencé. Les organisations syndicales ne lâcheront pas le morceau !

aballe@cfdt.fr