Covid-19 : Le Leclerc du Cannet-Rocheville a 4 jours pour se mettre en conformité avec les règles sanitaires

Publié le 02/04/2020

La section CFDT avait tiré la sonnette d’alarme mais la direction du magasin n’a pas respecté les règles sanitaires. Après une opération de police, elle est mise en demeure de s’y conformer sous quatre jours. La CFDT veillera à son application stricte.

Covid Web« Dès les premiers jours du confinement, la CFDT a demandé l’application des mesures sanitaires préconisées. On a interpellé le PDG et a fait des propositions à la direction pour limiter et filtrer le nombre de clients dans le magasin », explique Corinne Marais, la déléguée syndicale CFDT du Leclerc du Cannet Rocheville (Alpes Maritimes) rompue à l’absence de dialogue social dans cette entreprise. Au lieu de cela, la direction se contente d’une application a minima des consignes : un plexiglas trop court pour protéger les hôtesses de caisses, du gel, des gants, et voilà. Elle refuse de reconnaitre le droit de retrait de certains salariés qui ne se sentent pas protégés. Certaines hôtesses craquent sur leur lieu de travail. Même les clients prennent la mesure des risques et se plaignent.

Bref, les plaintes de ces derniers, conjuguées aux interpellations de la CFDT auprès de la Direccte, ont conduit à une intervention de la police nationale dans le magasin jeudi 26  mars, et évacue le magasin pour fluidifier le flux de clientèle. Mais quelques minutes après le départ de la police, la direction rouvre le magasin sans mettre en place davantage de protections pour les salariés comme pour les clients. Le PDG est alors convoqué par la police nationale. Lundi 30 mars, une opération est diligentée par le parquet de Grasse, conduite par la Direction de la protection des population (DDP) et la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte). Et leurs conclusions sont sans appel : pas d’équipements de protection pour les salariés, non-respect des distances de sécurité d’une caisse à l’autre et entre les clients, régulation insuffisante des clients etc. Autant de manquements qui placent les salariés et les clients en situation de risque de contamination.

Dès le sur-lendemain, il reçoit une mise en demeure de mise en conformité avec les règles sanitaires et de suivre les recommandations. Il dispose de quatre jours pour s’y conformer. S’il ne le fait pas, il s’expose à une fermeture administrative, voire à des poursuites judiciaires.

De son côté, la section CFDT, soutenue par le syndicat des services des Alpes Maritimes, ne laissera rien passer : « Nous allons par la suite attaquer en justice Leclerc Rocheville qui, malgré toutes nos demandes, a réfuté la bonne utilisation du droit de retrait de quelques salariés », promet Corinne Marais.

dblain@cfdt.fr

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