Conférence sociale : les attentes de la CFDT

Publié le 19/10/2015 à 10H45
  Alors que se tient aujourd’hui la quatrième conférence sociale du quinquennat, Laurent Berger a exprimé les attentes de la CFDT devant le président de la République.

« Un syndicalisme qui écoute et défend les salariés, qui explique, propose et négocie » : tel est le visage qu’a souhaité présenter Laurent Berger, lors de l’entrevue des partenaires sociaux représentatifs avec le président de la République, en amont de l’ouverture de la quatrième conférence sociale du quinquennat, qui se tient ce 19 octobre au Conseil économique, social et environnemental. Dans un contexte particulièrement tendu, où « les corps intermédiaires sont pointés du doigt et attaqués de toutes parts », le secrétaire général de la CFDT a évidemment rappelé les attentes de l’organisation sur les trois sujets à l’ordre du jour : un compte social personnel d’activité qui permette de « conserver demain et même élargir » la couverture des aléas de la vie « en couvrant les nouveaux risques et en répondant aux nouveaux besoins » ; « un engagement sur des mesures de transition juste dans le cadre de la Cop 21 » ; « des activités liées aux plateformes du numérique [qui] ouvrent des droits sociaux aux travailleurs et intègrent notre système fiscal ».

Ne pas sacrifier l’avenir aux contraintes budgétaires

Refusant de se laisser « enfermer dans une fausse alternative : ne rien changer ou tout casser », Laurent Berger a également rappelé l’urgence d’apporter des solutions à « ceux qui sont le plus touchés par la crise ». De ce point de vue, il a dit l’opposition de la CFDT au décalage de la revalorisation de plusieurs prestations sociales, dont le RSA, comme le prévoit le budget 2016. S’il se félicite que la nouvelle prime d’activité (qui fusionne RSA activité et prime pour l’emploi) ouvre enfin l’accès aux moins de 25 ans, il a jugé « choquant » que le gouvernement table sur un taux de recours de seulement 50 % dans le budget 2016. Il a également rappelé au gouvernement que l’extension de la garantie jeunes, que la CFDT avait réclamée et obtenue lors de la conférence sociale de 2014, nécessitait de donner les moyens aux missions locales et à leurs conseillers d’accompagner les jeunes concernés vers l’emploi. Enfin, il a souhaité un nouveau plan pour former 150 000 demandeurs d’emploi, les précédents plans ayant fait leurs preuves en termes de taux de retour à l’emploi. La CFDT souhaite que soit donnée priorité aux formations liées aux transitions écologique et numérique et que l’Afpa soit un opérateur central de ce plan.

Le défi du dialogue social

Si la voie du dialogue social est évidemment celle choisie par la CFDT, Laurent Berger n’a rien caché des difficultés actuelles. Mais, a-t-il rappelé, « ce n’est pas la méthode qui est en cause, c’est bien le comportement des acteurs ». Et si le fil rouge de la conférence sociale, « Comment travaillerons-nous demain ? » est « un vrai défi », la capacité des partenaires sociaux à travailler ensemble dès aujourd’hui ne l’est pas moins.

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© Hamiliton / Réa

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