Ceux qui font la CFDT : la force de l’engagement

Publié le 19/12/2014 à 12H13
Adhérents CFDT, ils ont un jour franchi le pas de l’engagement militant. Leurs motivations, leur parcours et leurs missions disent toute la diversité de la société. Plongée dans le quotidien de nos élus.

Il y a ceux qui sont entrés dans l’arène à la faveur d’un conflit dans leur entreprise. Ou ceux qui, plus progressivement, ont choisi de s’impliquer, au sein de leur comité d’entreprise – ou leur comité technique pour les agents du public –, de leur CHSCT ou encore comme délégué syndical. Il y a ceux qui, sans connaître le syndicalisme CFDT, ont été portés par l’envie de «  faire bouger les choses. Faire respecter les salariés. Qu’ils soient davantage considérés  », comme l’explique Patrice Acerbis, chauffeur-ripeur à la Communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard. Leur route a croisé celle de la CFDT. Au gré des rencontres. L’une d’elles a créé le déclic et l’envie d’y aller. Il y a aussi les plus anciens, ceux qui transmettent leurs connaissances et leur expérience, poursuivant, pour certains, leur engagement cédétiste au-delà de la vie active, via le syndicalisme retraité.

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 Mosaique 
  (De haut en bas, et de gauche à droite) Dario, Betty, Aude, Patrice, Michel, Françoise et Franck. 


« S’engager, c’est quitter le fauteuil de spectateur pour entrer dans l’action  », selon l’expression de Thierry Cadart, secrétaire national CFDT chargé du renouvellement des responsables et de la formation syndicale. Qu’ils soient élus dans leur entreprise ou leur administration, ou mandatés dans les instances paritaires (où siègent à parts égales représentants des employeurs et des salariés), ces militants portent les valeurs de l’organisation.

Tous reconnaissent trouver une infinie richesse dans l’exercice de leurs fonctions. « C’est une véritable école de la vie », note Franck Hontebeyrie, délégué syndical chez Signature Industrie. Le sentiment d’utilité donne souvent des ailes. « Chaque fois qu’on arrive à être utile à une équipe, un salarié ou un militant qui a besoin de nous, on en retire une grande satisfaction. C’est mon moteur, ce qui me donne envie de continuer  », affirme Michel Crépin, secrétaire général de l’Union territoriale interprofessionnelle de l’Artois-Douaisis. Car, et personne ne s’en cache, le mandat syndical n’est pas un chemin pavé de roses. « On entre dans l’arène et c’est vrai qu’on prend des coups », fait observer Thierry Cadart. L’engagement syndical est parfois synonyme de conflits avec l’employeur, voire de répression syndicale… « Il existe une réglementation qui protège les élus, mais elle ne couvre pas toutes les situations », reconnaît Thierry Cadart. Alors l’organisation est là pour protéger ses adhérents. « Le syndicat doit assurer le suivi de ses militants, notamment des jeunes, et ne pas les laisser se mettre en danger », souligne Dario Vinetti, militant CFDT de La Poste à Bordeaux.

Quelles que soient les conditions d’exercice de leurs fonctions, tous les militants insistent aussi sur l’importance « d’avoir une vision de l’engagement collectif. On est rassurés par le regard des autres et on est plus forts ensemble, les décisions sont toujours prises collectivement ». Aude Chiron, jeune déléguée syndicale à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, corrobore : « Ce n’est pas moi en tant que déléguée syndicale qui m’exprime. Je porte les idées issues des échanges de toute une équipe », insiste celle qui a d’abord commencé comme suppléante « pour se mettre dans le bain ». Maintenant, c’est à son tour de rassurer sa suppléante : « On y consacre le temps qu’on veut y mettre. Je mets un point d’honneur à préserver ma vie privée. Il ne faut pas se mettre la pression et il est nécessaire de respecter ses limites physiques et mentales, d’où l’importance du groupe pour te soutenir. »

Un nouveau modèle d’engagement

Les temps changent. Aujourd’hui, l’implication dans le syndicalisme s’apparente de moins en moins à un engagement « sacrificiel ». « Le modèle de l’engagement à vie, corps et âme, a vécu. Les militants aspirent davantage à une forme d’engagement modulable, discuté, révisable. Il est de plus en plus admis, et même revendiqué, que le parcours syndical n’est pas une trappe mais un tremplin », explique Thierry Cadart, qui précise : « On peut s’engager pour un temps dans le syndicalisme, ce qui permet de développer des compétences et de rebondir professionnellement. »

La CFDT a ouvert plusieurs pistes visant à accompagner les militants et faire reconnaître ces compétences. Lors du Congrès de Marseille, en juin dernier, la CFDT a inscrit dans sa résolution l’objectif de proposer à tout militant une formation dans les premiers mois qui suivent sa prise de mandat. La formation syndicale à grande échelle visera notamment les militants des TPE-PME, qui sont bien moins lotis en termes d’accompagnement et de droit syndical que leurs collègues dans les grandes entreprises. De plus en plus développées, les formations « Repères pour les responsables de demain » permettent aux jeunes militants de mieux connaître l’organisation pour y évoluer plus aisément. Il s’agit aussi de rassurer les adhérents, qui hésitent encore à franchir le pas de l’engagement militant. « Trop souvent, ils ont l’image des militants expérimentés et se disent : “Eux sont capables de faire des discours, ils ont des connaissances que je n’ai pas.” Nous devons leur montrer qu’ils ont eux aussi ces capacités, en les incitant à faire. » Quant à la reconnaissance, au titre de la formation professionnelle, des compétences acquises pendant le parcours syndical, c’est une des grandes revendications portées par la CFDT. L’objectif de la Confédération est bien de faire intégrer les modules de formation syndicale dans la liste des formations certifiantes et qualifiantes, afin que ces compétences soient reconnues dans le contexte professionnel. « Nous incitons les personnes à s’engager, nous avons la responsabilité de les accompagner pour sécuriser leurs parcours », explique Thierry Cadart.

Bâtir le syndicalisme du XXIe siècle

« Pour la CFDT, l’enjeu est de bâtir le syndicalisme du XXIe siècle, où l’engagement correspond à la vie d’aujourd’hui et à ses contraintes », affirme Thierry Cadart. En soutenant la loi sur la représentativité en 2008, la CFDT a fait un choix. Le vote des salariés, dans les entreprises et les administrations, légitime la parole de l’organisation syndicale. Consciente qu’une grande partie des travailleurs ne rencontre pas d’organisations syndicales dans leur environnement professionnel, la CFDT entend retisser ce lien distendu. Une mission qui ne pourra aboutir sans les militants, et il est impératif qu’ils soient plus nombreux. « Cela engage notre légitimité. Il est vital que la CFDT soit à l’image du salariat », conclut le secrétaire national.

 

 dblain@cfdt.fr ; nfigarol@cfdt.fr ; epirat@cfdt.fr

  


Le rôle des i
nstances et des élus

Le délégué du personnel -

Quand l'entreprise compte au moins 11 salariés, l'employeur doit organiser l'élection des délégués du personnel (DP). Ces derniers ont pour mission de faire appliquer la réglementation et les accords signés dans l’entreprise.

La section syndicale -
Elle regroupe les salariés d’une entreprise ou d’un établissement qui adhèrent à un même syndicat.

Le Comité d’entreprise ou CE -
Il doit être créé dès que l’effectif de l’entreprise atteint 50 salariés. Il est composé de l’employeur, de représentants élus du personnel et de représentants syndicaux. Le CE doit donc être consulté sur l’organisation du temps de travail, l’introduction de nouvelles technologies, l’évolution de l’emploi, le plan de formation, l’égalité professionnelle entre femmes et hommes, et d’une manière générale sur la gestion et la bonne marche de l’entreprise. Il a aussi en charge les activités sociales et culturelles (sport, vacances, garde d’enfants, etc.)

Le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travai ou CHSCT -
Il est mis en place dans tous les établissements d’au moins 50 salariés. Il est composé de l’employeur et de représentants du personnel. Le comité est consulté avant toute modification importante des conditions de travail. Il analyse les risques professionnels, réalise des enquêtes et des inspections, étudie les causes des accidents du travail et des maladies professionnelles et met en œuvre des actions de prévention.

Le délégué syndical ou DS -
Chaque organisation syndicale représentative (ayant recueilli au moins 10 % des voix au 1er tour des dernières élections professionnelles) dans une entreprise ou un établissement d’au moins 50 salariés, qui a constitué une section syndicale, peut désigner au moins un délégué syndical (DS). Il participe aux négociations et conclut des accords en vue d’améliorer les conditions de travail.