Pour le comptre pénibilité, "plus on fait du collectif, plus ça va coûter cher"

Publié le 26/05/2015

Interrogé par le site LesEchos.fr, le 25 mai 2015, Hervé Garnier, secrétaire national de la CFDT chargé des conditions de travail, est revenu sur l'approche de la CFDT concernant le compte pénibilité.

Partir de référentiels de branches, est-ce adéquat ?

C’est notre idée à la CFDT depuis le départ. C’est un outil indispensable pour aider, notamment les PME, à mesurer la pénibilité et à s’approprier cette réforme. C’est aussi une façon de sécuriser le système car ces référentiels seront homologués par l’administration et par les syndicats, via le Conseil d’orientation des conditions de travail (COCT). Donc, oui, c’est une bonne idée.

Le nombre de bénéficiaires ne risque-t-il pas d’exploser ?

C’est une des conséquences de cette approche par référentiel métier, c’est vrai. Si on est dans du collectif pur, on va englober beaucoup de salariés. Plus on fait du collectif, plus ça va coûter cher. Mais je ne pense pas que le gouvernement ira jusque-là. A la CFDT, nous ne sommes pas pour. Ces référentiels sont un outil, certes, mais ils ne doivent pas dispenser de mesurer individuellement les expositions. Il faut tenir compte de la polyvalence des salariés, de la réalité du terrain. Si on rentre dans la pénibilité par métier entier, on dénature le dispositif. Dans notre esprit, la fiche pénibilité a toujours été un outil pour mesure l’exposition aux risques et faire en sorte, in fine, que le moins de gens possible soient concernés grâce à la prévention et aux équipements de protection. Si on aboutit à l’inverse, ce serait dramatique.

Quid d’un report à 2017 ?

Nous y sommes fermement opposés. Bien sûr, il faut du temps pour que les branches préparent leurs référentiels métiers, mais certaines ont déjà commencé, sans en faire trop de publicité. Cela fait deux ans que cette réforme est sur la table. On a déjà perdu trop de temps, du fait d’organisations patronales qui n’ont jamais accepté le dispositif. Si l’exécutif envoie un message comme quoi la réforme est une nouvelle fois reportée, ce sera un très mauvais signal.

Propos recueillis par Marie Bellan