La CFDT à Nicolas Sarkozy : plus vite, plus loin

Publié le 05/03/2009 à 08H23
Ouest France publie sous ce titre une interview de François Chérèque dans son édition du 5 mars.

Qu'attendez-vous du 19 mars ?

Une nouvelle mobilisation d'importance pour montrer à Nicolas Sarkozy qu'il doit aller plus loin que les premières annonces du sommet social du 18 février.

Dans quels domaines ?

Deux. D'une part, qu'il mette plus de moyens dans le Fonds d'investissement social, qui est une idée à nous, pour accompagner et former les personnes qui perdent leur emploi ou sont en chômage partiel. Aujourd'hui, il est insuffisamment doté en argent de l'État. Nous en sommes à 1,5 milliard sûr. Nous souhaitons aller jusqu'à cinq milliards en suspendant le bouclier fiscal pour les plus fortunés et la défiscalisation des heures sup'.

Et le deuxième domaine ?

Nous voulons aller plus loin en matière de pouvoir d'achat. Avec une direction principale, conditionner les allégements de charges à des accords salariaux dans les entreprises.

Le 19, vous avez une ambition chiffrée ?

La dernière fois, le 29 janvier, nous, nous avons dit qu'il y avait à peu près deux millions de personnes. C'est notre référence. Faire plus ? Non, je ne vais pas vous dire cela. On a vu qu'une mobilisation importante, le 29, amenait des réactions du Président et du gouvernement, donc, notre objectif, c'est de répéter cette mobilisation pour montrer au gouvernement qu'il doit reprendre la discussion et aller plus loin.

Après, on refait un sommet social ?
 
Peu importe la méthode. Les portes sont entrouvertes sur le pouvoir d'achat et le Fonds d'investissement social, ouvrons-les.
Aider les entreprises ou aider la consommation, vous choisissez quoi ?

Moi, je pense qu'il faut lier les deux. Investir dans la recherche et le développement de nouveaux produits, comme le fait le gouvernement, est une bonne chose. Mais on ne peut pas faire ces investissements sans investir dans les personnes, pour élever leur niveau de qualification.

Et pour le pouvoir d'achat ?

Tout le monde ne vit pas la crise de la même façon. Donc, il faut d'abord aider ceux qui la subissent. Je pense à ceux qui perdent leur emploi, qui sont au chômage partiel, à temps partiel.

Le chômage a explosé en janvier, les réponses sont à la hauteur  ?

Nous, nous avons signé un accord sur l'assurance chômage qui permet à ceux qui n'ont travaillé que quatre mois dans les derniers vingt-huit mois d'être indemnisés. Cet accord n'est encore pas appliqué en raison de l'opposition de deux syndicats (NDLR : CGT et FO) et que l'État ne l'a pas agréé. Alors, accélérons.