"Un risque de débordements"

Publié le 11/10/2010 à 00H00
Dans une interview à La Dépêche du 11 octobre, Marcel Grignard, fait le point sur les mobilisations des 12 et 16 octobre.

Avoir programmé une journée d'action le 16 octobre n'est-ce pas déjà considérer que celle de demain sera inutile ?

Le gouvernement a décidé d'accélérer le débat au Sénat. Il voulait enfiler les articles sur les bornes d'âge avant demain. Le 12 et le 16 sont deux journées qui se situent avant la fin du débat définitif au Sénat ; à travers elles, nous voulons donc tenter de peser au maximum d'ici là.

Avec l'arrivée des lycéens et des étudiants dans les manifestations, ne redoutez-vous pas des débordements ?

La CFDT n'appelle pas les jeunes à manifester. Elle considère que la présence des lycéens relève de la responsabilité des organisations de lycéens mais aussi des parents car il s'agit de mineurs, la plupart du temps. Quant au étudiants, ils sont placés sous la responsabilités de leurs syndicats. Mais en effet, il y a un risque d'amalgame et de débordements. Personne ne peut dire ce que sera la situation dans deux ou trois jours. C'est pourquoi la CFDT estime qu'elle doit organiser et appeler les salariés, mais pas les jeunes.

Les appels à des grèves reconductibles ne risquent-ils pas de rendre impopulaire le mouvement contre la réforme des retraites ?

Dans la plupart des cas, des préavis ont été déposés pour permettre éventuellement des grèves reconductibles, mais pour l'essentiel, il ne s'agit pas d'appels à de telles actions. La CFDT et d'autres syndicats ne partiront pas dans des grèves qui pourraient être minoritaires ou qui deviendraient impopulaires. Toute mécanique qui conduirait à cliver et à dresser les salariés les uns contre les autres ne serait pas comprise. Mais la situation actuelle est problématique car certes, le gouvernement a été élu pour mettre en place une politique, mais celle-ci doit être acceptée par une large frange de la population. On ne réforme pas contre le peuple.

Propos recueillis par J.-P.B.