[Tribune] “Pacte de responsabilité : le patronat doit s'engager !”

Publié le 14/02/2014 (mis à jour le 17/02/2014)

Dans une tribune parue dans Les Echos du 14 février 2014, les numéros un de la CFDT, de la CFTC et de l'Unsa, interpellent le patronat et lui demande de s'engager concrètement en faveur du pacte de responsabilité.

Le chômage frappe plus de 3 millions de personnes, la précarité et la pauvreté s'aggravent et la reprise économique pour 2014 s'annonce insuffisante pour y remédier. Notre pays doit impérativement réagir. Notre cohésion sociale est gravement menacée par une crise qui dure et nous fait douter de nos valeurs les plus fondamentales.

Dans ce contexte, la CFDT, la CFTC et l'Unsa se sont engagées pleinement pour l'emploi à travers les trois accords interprofessionnels conclus en 2013. Depuis le déclenchement de la crise, nous appelons tous les acteurs économiques, politiques et sociaux à un pacte social. Aussi, nous voulons voir dans la proposition du président de la République d'un pacte de responsabilité la volonté d'amplifier la mobilisation en faveur de l'emploi.

Ce pacte doit servir la transformation de notre système productif et enclencher une dynamique de croissance orientée vers la qualité, l'innovation, la transition énergétique et la performance technologique. Pour cela, nos entreprises doivent retrouver des marges de manoeuvre et investir dans la qualité des produits et dans les femmes et les hommes qui les produisent. C'est cette compétitivité-là qui fera gagner le pays et créera des emplois sur le long terme.

Le pacte de responsabilité n'est ni un « deal » ni une négociation, c'est un cadre pour des engagements réciproques concrets et mesurables pour l'emploi. Pour nos trois organisations, la priorité absolue du pacte doit être l'emploi, la montée en qualification et en compétence des salariés, l'amélioration de la qualité de vie au travail. Le patronat doit cesser ses tergiversations et prendre rapidement des engagements précis sur ces priorités.

Nous proposons une méthode pour garantir l'efficacité du pacte.

  • La définition d'une trajectoire de montée en charge des allégements, articulée à l'évaluation des résultats. Un rôle que pourrait tenir un observatoire du pacte. Le maintien, la poursuite ou l'ajustement des aides aux entreprises devront se faire au regard de l'effectivité des engagements pris.
  • Le renforcement du dialogue social, tant au niveau interprofessionnel que des branches professionnelles, des entreprises et des territoires, comme levier principal de la réussite.

La compétitivité des entreprises, qui assure leur pérennité et l'emploi, n'appartient pas au seul patronat, elle est aussi l'affaire des salariés. De même, les dépenses publiques, qui concourent à l'investissement et à la performance de l'économie, et assurent la cohésion sociale et la solidarité au sein de la société, sont l'affaire de tous.

Aussi, nous posons trois impératifs à la réduction des dépenses publiques : le maintien du pouvoir d'achat des salariés du privé comme du public, la garantie d'un haut niveau de protection sociale, donc d'un haut niveau de mutualisation des dépenses, le maintien d'une action publique et de services publics de qualité en repartant du débat sur les missions et en associant les agents.

Plus d'un mois s'est écoulé depuis l'intervention du président de la République appelant à un pacte de responsabilité. Nos organisations syndicales sont prêtes à assumer les leurs. Elles exigent des engagements à la hauteur des enjeux.

Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa,  Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT,  Philippe Louis, président de la CFTC