"On ne peut pas dire qu'en France le dialogue social soit de qualité"

Publié le 10/04/2009 à 12H21
La Tribune publie sous ce titre une interview de Marcel Grignard, dans son édition du 9 avril.

Comment la CFDT juge-t-elle les séquestrations de patrons ou de cadres dirigeants dans les situations sociales tendues ?

Il est évident que le règlement des problèmes ne passe pas par la violence. La CFDT est très claire là-dessus. Les organisations syndicales ont l’habitude de la négociation, ce qui n’exclut pas l’affrontement verbal. Il y a des milliers d’affrontements qui se déroulent actuellement dans les entreprises, sans casse. Mais il y a quelques cas de séquestrations qui sont ressassés car la violence ça se médiatise.

Est-ce le signe du dernier recours ?

On ne peut pas dire qu’en France le dialogue social soit de qualité. Et quand on est en situation de crise, les choses sont plutôt exacerbées. Le rôle des syndicats c’est d’être en empathie avec les salariés et de faire en sorte, avec eux, que les problèmes trouvent des solutions. La violence n’est pas l’intérêt des salariés. C’est déjà une dérive qui jette le doute sur la légitimité du combat. Les commentaires politiques amplifient les problèmes. Les politiques jouent les supers-syndicats alors qu’on attend d’eux qu’ils proposent des solutions pour l’ensemble de la population.