"Nous avons obtenu des avancées importantes et des nouveaux droits pour les salariés"

Publié le 19/01/2013 (mis à jour le 21/01/2013)
Interviewé dans Ouest France, le 19 janvier 2013, Laurent Berger revient sur l'accord sur la sécurisation de l'emploi et confirme que la signature de la CFDT apporte de nouveaux droits pour les salariés

Comment qualifier le récent accord sur la réforme du travail ?
Le soir même, à l'issue d'un véritable rapport de force avec le patronat, j'ai dit qu'il était ambitieux. Historique ? Seul l'avenir le dira. Reste que nous avons obtenu des avancées importantes et des nouveaux droits pour les salariés : la création d'une complémentaire santé pour tous, des droits rechargeables à l'assurance chômage, la taxation de contrats courts, l'encadrement des temps partiels imposés. Des droits qui ont du sens. Plus largement, l'accord stabilise le marché du travail et crée une articulation nouvelle entre l'économie et le social. Oui, cette négociation est porteuse de progrès. Dans un contexte très difficile, ce n'est pas un accord qui gère la misère.

Ce n'est pas l'avis de la CGT...
Les syndicats non-signataires nous reprochent d'avoir trop cédé sur la flexibilité. Ce n'est pas vrai. Je remarque qu'il y a deux syndicalismes en France et qu'on peut réformer sans être dans le conflit. Je demande à la CGT de ne pas caricaturer l'accord. La flexibilité, elle était jusqu'alors non contrôlée et employée à outrance par le patronat. Le texte limite la précarité chez les jeunes, avec des mesures incitatives pour transformer les CDD des moins de 26 ans en CDI. Il fallait inverser la tendance.

On vous catalogue prochedu gouvernement ?
Je suis proche des salariés. Je ne suis ni ami ni ennemi du gouvernement. Nous avons des points d'accord, je le dis ; des points de désaccord, je le dis aussi. Tenez, il y a un gros manque actuellement, une injustice majeure. Des personnes au chômage ayant déjà cotisé 41 ans et demi, soit la durée légale, percevaient 1 000 € par mois grâce à l'Allocation équivalent retraite. Elle a été supprimée. Résultat : elles ne touchent aujourd'hui que les minima sociaux. Je demande le rétablissement de l'AER.

La CFDT reste vigilantepour la suite ?
Absolument. Nous exigeons que l'équilibre de l'accord soit respecté. Le débat parlementaire va avoir lieu mais nous voulons être associés à la transposition législative du texte. Par ailleurs, sans attendre la prochaine conférence sociale de juillet, la négociation sur la qualité de vie au travail est déjà ouverte. Comme le financement des retraites, c'est, pour nous, un dossier prioritaire. Et nous plaiderons pour un rôle des représentants du personnel plus fort dans l'organisation du travail.