"Nous assumons nos responsabilités"

Publié le 03/02/2009 à 14H36
Le Populaire du Centre publie sous ce titre une interview de François Chérèque dans son édition du 3 février 2009.
Y-a-t-il une raison particulière à votre venue à Limoges ?
Non, elle s'inscrit dans le cadre de mes visites en région. Elle me permettra de rencontrer les militants limousins, bien sûr, mais aussi des salariés qui ont des motifs d'inquiétude.
Avec le recul, quelle analyse faites-vous du mouvement social du 29 janvier ?
D'abord, tout le monde a vu que c'était un mouvement de grande ampleur. Les manifestants ont exprimé leurs craintes face à la crise, et clairement montré qu'ils savaient que le gouvernement et le patronat n'apportaient pas les bonnes réponses. De même, les multiples réformes ne sont pas acceptées.
Vous avez réclamé une entrevue à l'Elysée dans les plus brefs délais. Qu'en est-il ?
On attend, le rendez-vous n'est pas encore fixé. Mais il est évident qu'il faut discuter avec le pouvoir dans les plus brefs délais.
Vous estimez nécessaire un plan de relance par la consommation. Or, certains l'estiment inapproprié. De fait, le gouvernement britannique a récemment baissé la TVA, sans succès...
Oui, mais une relance par la consommation ne repose pas que sur la TVA. On peut augmenter les minima sociaux, et apporter un soutien concret aux classes moyennes qui gagnent 1.200 - 1.300 € par mois, via des aides au transport, à la santé, au logement, etc.
Vous êtes le seul signataire de la nouvelle convention d'assurance-chômage élaborée en fin d'année dernière par les partenaires sociaux, censée régir les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi en 2009 et 2010. Que va-t-elle devenir ?
Si au moins trois syndicats s'opposent par écrit à la convention d'ici vendredi, date butoir, la convention ne sera pas appliquée. Pour l'instant, seule la CGT s'est opposée. A chacun de prendre ses responsabilités. Nous, nous estimons qu'elle marque un progrès pour les salariés précaires, avec une indemnisation après quatre mois travaillés au lieu de six.
La vive opposition au gouvernement qui semble se manifester laisse-t-elle encore place à un syndicat réformiste comme le votre ?
Bien sûr. La CFDT est en progression dans les élections professionnelles, et notre nombre d'adhérents augmente à nouveau depuis deux ans.
Mais vous avez reculé aux élections prud'homales du 3 décembre dernier...
En nombre de voix, oui, comme toutes les autres centrales syndicales. 75 % des salariés n'ont pas voté ce jour-là. Ces élections ne sont donc guère représentatives des forces syndicales.