"Les syndicats ne vont pas bien"

Publié le 23/01/2009 à 14H51
Ouest France publie sous ce titre une interview de Gaby Bonnand, dans son édition du 23 janvier.

Comment la CFDT a-t-elle pu se retrouver isolée, lâchée par les autres réformistes, CFTC et CGC, sur le projet de nouvelle convention d'assurance chômage ?

Il est possible que des organisations aient cédé à la tentation de dire à la CFDT qu'elles n'avaient pas apprécié son rôle moteur dans l'adoption des nouvelles règles de représentativité. C'est regrettable. Il est probable aussi que le résultat des élections prud'homales, apparemment favorable aux mouvements les plus radicaux, ait poussé certains syndicats dans cette voie de la radicalité.

Je crois également que le rôle du patronat a pesé. Par ses divisions et ses comportements - que de suspensions de séances improductives - il a laissé penser qu'il ne respectait pas les organisations syndicales.

Quelle leçon en tirez-vous ?

Le syndicalisme ne donne pas, dans son ensemble, une bonne image. Les syndicats ne vont pas bien. Ils sont enfermés dans leurs propres logiques. Logique de survie pour certaines organisations, de refus du compromis pour d'autres, ou encore logique hybride aux soubassements incertains.

C'est avec ce syndicalisme qu'on aboutit, par exemple, à un paradoxe inquiétant : les organisations refusent d'avaliser la réforme de l'assurance chômage qui propose de vraies avancées pour les chômeurs, alors qu'elles adoptent une réforme de la formation professionnelle de moindre portée.

C'est un peu la faillite du paritarisme ?

Le paritarisme est en panne. Il doit être profondément rénové. Nous demandons au Président d'inscrire le paritarisme à l'agenda social 2009. Il faut tout revoir : rôle et missions, moyens, partition de l'État et financement de la solidarité, car ce n'est plus tenable.

En situation de crise, il ne peut pas y avoir d'un côté des systèmes paritaires qui couvrent de moins en moins de personnes et de l'autre l'État qui récupère les exclus du système paritaire avec des dispositifs d'assistance ou des couvertures de seconde zone.

Propos recueillis par Paul Burel