"Le 19 mars, nous disons au gouvernement de mettre les bouchées doubles"

Publié le 18/03/2009 à 09H19
La Marseillaise publie une interview de François Chérèque à la veille de la journée de mobilisation, dans son édition du 18 mars.

Comment s’annonce la journée du 19, près de deux mois après celle du 29 janvier ?

Partie des grandes sphères financières mondiales, la crise affecte à présent la vie quotidienne des salariés. Annonces de fermetures, plans sociaux, chômage partiel, à juste titre, les salariés estiment payer le prix fort d’une crise dont ils ne sont pas responsables. L’inquiétude grandit, teintée d’un grand sentiment d’injustice, parfois d’exaspération comme on l’a vu pour Continental ou Sony. Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la situation. C’est dans ce contexte que se prépare la mobilisation du 19 qui sera sans doue au moins aussi importante que le 29 janvier, avec beaucoup de salariés du privé.  

Que pensez vous des réponses apportées par le sommet social qui a suivi cette mobilisation ?

La journée du 29 janvier a permis une inflexion de la politique du gouvernement. Il a annoncé la mise en place du fonds d’investissement social, une revendication de la CFDT. Il s’agit de soutenir les salariés les plus vulnérables face à la crise. Ceux qui sont en chômage partiel, ceux qui perdent leur emploi et les jeunes en particulier qui sont les premières victimes de cette crise. A la CFDT nous disons, il vaut mieux former plutôt que licencier : cela permet aux salariés de garder un emploi et un revenu et aux entreprises de résister en attendant la reprise.  Le gouvernement a également pris quelques mesures fiscales pour soutenir le pouvoir d’achat des plus modestes. Tout cela n’est pas rien. Nous ne l’aurions pas obtenu sans la forte mobilisation du 19 janvier. Mais c’est encore très insuffisant. Le 19 mars, nous disons au gouvernement de mettre les bouchées doubles. Face à une crise sans précédent, le gouvernement ne peut pas resté arc-bouté sur des réformes réalisées avant la crise. Il doit renoncer au bouclier fiscal  et à la défiscalisation des heures supplémentaires.

Le 19 mars peut-il modifier la donne ?

Si la mobilisation reste aussi déterminée, le gouvernement sera bien obligé d’en tenir compte. Cette crise ne peut pas être une parenthèse pendant laquelle on fait le dos rond en attendant des jours meilleurs. Les syndicats sont aux côtés des salariés. Nous ne nous contentons pas de manifester. Nous avons des propositions. Nous voulons qu’elles soient entendues et discutées.

La Marseillaise