“La solidarité n'est jamais indolore”

Publié le 10/09/2013
Interviewé le 9 septembre 2013 sur le site du Nouvel Observateur, Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, revient sur la position de la CFDT concernant le projet de loi sur la réforme des retraites qui sera présenté en Conseil des ministres le 18 septembre.

La CFDT reste convaincue qu'il s'agit d'un texte équilibré ?

Il y a des éléments équilibrés mais nous avons aussi des insatisfactions. On ne dit pas que c'est une super réforme, on dit que nous avons obtenu des choses. La CFDT ne renonce à rien. On a bien l'intention de continuer à peser sur le débat. Le texte n'est pas figé.

Pour vous, ce texte apporte la preuve de l'efficacité de la concertation ?

La pénibilité est négociée depuis des années sans qu'on avance d'un pouce. Aujourd'hui, on a une première avancée telle qu'on l'attendait. Sur les jeunes et les précaires, les dispositifs d'amélioration de l'apprentissage et de l'acquisition des droits représentent aussi une véritable avancée que personne ne peut nier. Même nos collègues des organisations qui sont contre la réforme admettent qu'il y a une évolution concrète.

Vous comprenez la grogne ?

Si une réforme des retraites n'était que agréable, ça se saurait. On sait qu'il y a des efforts à faire. Il faut de la solidarité mais la solidarité n'est jamais indolore. Quand on est solidaire des autres, on fait un petit effort, c'est normal.

Quel regard portez-vous sur la journée de mobilisation contre la réforme ?

Je ne commente pas. Les autres organisations font ce qu'elles veulent.

Vous attendez néanmoins des évolutions ?

Bien sûr, il y a encore des choses qui doivent être améliorées, notamment sur les petites pensions, les droits des femmes, qui étaient très présents dans le discours du Premier ministre mais doivent être accélérés. Sur la pénibilité, le système est très positif mais il faut aussi une mise en œuvre plus rapide.

Certaines mesures ne démarrent qu'à partir de 2020. Cela ne vous paraît pas trop long ?

Les droits pour les apprentis, c'est tout de suite. La pénibilité, c'est tout de suite. Les 150 heures, c'est tout de suite ! Il y a des choses positives.

Comment va se dérouler la suite ?

Dès mercredi, nous serons à l'Assemblée nationale. Nous sommes dans une concertation et on va continuer à pousser pour obtenir un peu mieux.

Propos recueillis par Louis Morice