"Il faut revoir le plan de relance"

Publié le 29/01/2009 à 00H00
Direct Matin Plus publie sous ce titre une interview de François Chérèque dans son édition du 28 janvier.

La mobilisation prend de l’ampleur. Mais les revendications paraissent floues…

Cette journée se cristallise sur un cri de protestation parce qu’il y a un sentiment d’injustice face à la crise. A la CFDT, nous demandons de revoir le plan de relance du gouvernement. Il faut augmenter les minima sociaux, avancer la mise en place du RSA. Mais il faut aussi penser aux classes moyennes et relancer leur pouvoir d’achat.

Les plans de relance par la consommation ont montré que les Français épargnent l’argent «bonus» ou bien l’investissent dans des produits étrangers…

On peut le faire sans provoquer une épargne: en baissant la TVA dans certains secteurs bien précis ; en offrant une fiscalité avantageuse pour faire des travaux; en aidant le crédit à la consommation. Par ailleurs, si on veut que les Chinois nous achètent des avions, il va bien falloir qu’on achète leur textile.

Qu’attendez-vous des entreprises ?

Celles qui sont aidées doivent donner plus de contreparties. Je serai demain chez Faurecia, l’équipementier de Peugeot, menacé de délocalisation. Peugeot en est actionnaire à 75 %. Il dit qu’il ne fermera pas ses usines, mais ferme celles de ses sous-traitants.

Quelle suite comptez-vous donner à ce mouvement?

Je ne suis pas un adepte de la grève toutes les semaines. Mais si la mobilisation est très importante et qu’il n’y a pas de réponse côté de nos interlocuteurs gouvernementaux et patronaux, nous serons bien obligés de un trouver moyen pour exprimer à nouveau nos revendications. Mais il est trop tôt pour savoir quelle forme prendra cette contestation.