"Il faut être sûr que l'effort des salariés sera payant"

Publié le 31/01/2012 à 00H00
Dans une interview parue le 31 janvier 2012 dans Le Progrès, Véronique Descacq, secrétaire nationale chargé des questions économiques, précise les réticences la CFDT face aux annonces présidentielles sur la compétitivité.
Pourquoi la CFDT est-elle prête à négocier les accords compétitivité emploi ?

Cela existe déjà. De nombreuses entreprises ont négocié des accords permettant de moduler le temps de travail pour améliorer la compétitivité, ou alléger le carnet de commandes quand il y a des difficultés. Nous ne sommes donc pas contre une négociation pour encadrer ces accords, à partir du moment où la durée légale reste 35 heures et où il y a un vrai dialogue sur les stratégies des entreprises en matière de production industrielle ou d’ambition commerciale.

Il faut être sûr que l’effort des salariés se révélera payant sur la localisation de la production et sur l’emploi.
 
À entendre le président, renégocier les 35 heures est la seule façon d’améliorer la compétitivité…

Les premiers déterminants de la compétitivité sont l’innovation, la recherche, la qualité du management, du tissu industriel, la stratégie de gamme, etc. Mais il peut y avoir, notamment pour les entreprises qui exportent beaucoup, un problème marginal de coût du travail. Nous ne sommes pas hostiles à le regarder.

Nous avons des propositions de transfert de charges sur la CSG, qui auraient un impact au moins aussi important que ce qui est proposé sur la compétitivité. Nous n’avons pas de tabou, mais il ne faut pas faire croire que seule la question du coût ou du temps de travail a un effet sur la productivité. Si c’était le cas, cela se saurait.

Deux mois pour négocier, est-ce trop court ?

Dans deux mois, que l’on ait conclu entre partenaires sociaux ou pas, cela ne se transformera pas en projet de loi, car la session parlementaire sera terminée. C’est donc un délai d’affichage.

Propos recueillis pour Le Progrès