"Des mesures gouvernementales encore petit bras"

Publié le 30/04/2009 à 00H00
Le Progrès du Lyon publie sous ce titre un interview de François Chérèque dans son édition du 30 avril.

Un 1er Mai unitaire suffit-il à faire un 1er Mai historique ?

Dans le contexte syndical français, où il y n'y a pas eu de 1er Mai avec toutes les organisations syndicales depuis la Libération, c'est en soi un événement historique. Il sera d'autant plus important si le nombre de manifestants est significatif. Le nombre de manifestations organisées plaide déjà en faveur de la réussite de ce 1er Mai.

Le 29 janvier et le 19 mars ont apporté, selon vous, des débuts de réponses gouvernementales. Qu'attendez-vous du 1er Mai ?

Premièrement nous attendons que le gouvernement aille plus loin. Aujourd'hui, les mesures gouvernementales sont encore « petit bras » face à l'ampleur de la crise. Il faut aller plus loin dans l'aide et l'accompagnement de ceux qui ceux qui, par milliers, se retrouvent au chômage. Deuxièmement, nous sommes toujours face au silence du patronat qui n'a toujours pas accepté d'engager des négociations sur ce que peuvent faire les entreprises en plus de ce que fait le gouvernement.

Le climat social est de plus en plus tendu. Les syndicats ne se font-ils pas déborder par leur base ?

Dans chaque entreprise où il y a des événements plus radicaux, on constate un manque de dialogue face aux problèmes des salariés, et une absence de transparence sur l'utilité des plans sociaux. Ces événements sont symptomatiques du problème d'organisation du dialogue social. On ne demande aux syndicats que de négocier les conséquences des décisions prises par des personnes dont on ne connaît parfois même pas le nom ! Il faudrait débattre avant la prise de décision tant sur le plan économique que sur le partage des richesses.

Cette crise va-t-elle augmenter le taux de syndicalisme ?

Utiliser cette crise pour guérir le syndicalisme serait déplacé. Mais l'utilité du syndicalisme en France n'a jamais été aussi bien posée. Jamais dans notre pays, depuis très longtemps, nous n'avons connu un tel soutien populaire aux actions syndicales. Si ceux qui ont des difficultés reprennent confiance dans les syndicats, peut-être pourrons nous nous renforcer à l'avenir.

Les syndicats semblent être la voix de l'opposition au gouvernement. Du coup, Olivier Besancenot développe un discours syndical...

A chaque fois qu'il y a eu confusion entre un discours politique et syndical, cela a été au détriment de l'efficacité syndicale. Les responsables politiques, quels qu'ils soient, en instrumentalisant l'action syndicale à des fins politiques, agissent contre l'intérêt des salariés.

 

Propos recueillis par Nathalie Mauret