"Cet accord s'adresse aux salariés les plus précaires"

Publié le 09/01/2009 à 16H56
Direct Matin publie sous ce titre une interview de Marcel Grignard dans son édition datée du 9 janvier.

Il y a un an, le 11 janvier 2008, la CFDT signait avec les autres syndicats (à l’exception de la CGT) un accord de «modernisation du marché du travail». Il prévoyait plus de souplesse pour les chefs d’entreprise et plus de «sécurité» professionnelle pour les salariés. Cette sécurisation devait être renforcée à l’occasion de nouvelles négociations. L’objectif est-il atteint ?

Marcel Grignard : Le bilan est globalement positif. Quand on a négocié et conclu cet accord, nous avions la volonté de mettre les systèmes sociaux en phase avec ce que devenaient le monde du travail et l’entreprise. On a décidé de mesures applicables immédiatement pour les salariés les plus précaires. Par exemple, on a augmenté l’indemnité de licenciement. Avant, il fallait deux ans d’ancienneté pour la toucher, c’est désormais un an. On a doublé aussi l’indemnité légale de licenciement.

Les négociations sur la formation professionnelle ou l’assurance chômage qui ont eu lieu en 2008 ont-elles apporté des sécurités nouvelles pour les salariés ?

Marcel Grignard: En janvier 2008, nous avions en effet renvoyé certains points à des négociations futures en leur fixant des objectifs précis et en les articulant entre elles. L’accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), conclu en novembre, a consolidé l’accord sur le marché du travail. Notamment avec le fait que tout salarié a droit à un bilan d’étape professionnel tous les cinq ans, quelle que soit la taille de son entreprise. La convention d’assurance chômage, que nous venons d’arrêter le 24 décembre et que la CFDT a décidé de signer, répond aussi à nos objectifs. A la place des quatre filières d’indemnisation antérieures, il n’y en a plus qu’une. De nouvelles règles permettent à un salarié, dès quatre mois de travail au lieu de six auparavant, de toucher un jour d’indemnisation pour un jour travaillé. De plus, cet accord s’adresse aux salariés les plus précaires en rétablissant dans des droits plus avantageux les salariés saisonniers et en pérennisant l’indemnisation des intermittents. Enfin, sur la formation professionnelle, l’accord a été trouvé mercredi 7 janvier. Il semble que l’objectif de pouvoir former plus de salariés et de déterminer des moyens spécifiques pour les moins formés et les demandeurs d’emploi soit annoncé. Il nous faut encore regarder dans le détail si les changements proposés conduisent à la réforme structurelle du système que nous attendons.

Propos recueillis par R. Bx.