"Ce n'est pas à Xavier Bertrand de nous imposer ni le timing et ni les thématiques de travail"

Publié le 06/09/2011 à 00H00 (mis à jour le 07/09/2011 à 10H04)
Interrogé par Challenge(s), le 5 septembre 2011, Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT chargé des questions d'emploi, répond aux demandes du ministre de l'Emploi concernant l'assurance-chômage.

Que pensez-vous de la proposition de Xavier Bertrand de créer un dispositif pour des droits rechargeables ?

La CFDT porte depuis longtemps cette idée, donc nous nous réjouissons d’être repris. Mais nous sommes étonnés de la proposition du ministre. Ce n’est pas à Xavier Bertrand de nous imposer ni le timing et ni les thématiques de travail. Le ministre n’a pas la main pour instaurer les droits rechargeables. C'est aux partenaires sociaux de le faire.

D’ailleurs, un groupe des négociateurs de l’assurance chômage prépare déjà la prochaine convention. Et ce groupe avait convenu, il y a déjà bien longtemps, d’une réunion à la rentrée pour parler, entre autres, des droits rechargeables. Parmi les thèmes de réflexion que nous avions prévu d’aborder, il y a aussi l’idée de cotisations dégressives en fonction de la durée du contrat... 

C’est donc une tactique politicienne pour Xavier Bertrand ?

Je ne sais s’il s’agit d’une stratégie, mais une chose est sûre, c’est que pour l’heure, il ne peut pas être opérationnel sur le sujet. S’il en parle, c’est peut être pour cacher une impuissance. Peut être parce que le gouvernement n’arrive pas à enrayer la hausse du chômage et qu’il ne veut pas toucher à la fiscalité. Il fait diversion. Il ferait mieux d’enterrer aujourd’hui le dispositif des heures supplémentaires défiscalisées qui sont, contre-productives pour l’emploi. C’est facile de porter un sujet qui n’est pas du ressort de l’Etat.

Certains disent que c’est une façon de brosser la CFDT dans le sens du poil ?

On ne va pas crier au loup, puisque c’est une idée que nous portons depuis 2005. Mais, ce n’est pas cette annonce qui va changer notre position. La CFDT aimerait surtout que le gouvernement laisse travailler les partenaires sociaux. Nous disons donc bas les pattes ! Maintenant, si l’annonce de Xavier Bertrand fait avancer le patronat sur le sujet, ce sera toujours bon à prendre.