Pôle emploi : les choix incohérents du gouvernement inquiètent la CFDT

Publié le 19/12/2017

La CFDT s’est abstenue ce matin au Conseil d’administration de Pôle emploi lors du vote du budget 2018.

En effet, le gouvernement a choisi de:

  • diminuer les effectifs salariés de 1517 ETP (équivalents temps plein), via le non renouvellement de CDD, de contrats aidés et de départs en retraite,
  • baisser de 50 millions d’euros sa subvention pour charges de service public.

Pour la CFDT, cette réduction de moyens est complètement injustifiée alors même que le chômage demeure à un niveau très élevé. Elle est de surcroit incohérente avec les annonces du gouvernement qui entend lancer en 2018 son grand plan pluriannuel d’investissement dans les compétences (PIC) à destination des demandeurs d’emploi notamment, mais aussi élargir l’assurance chômage à de nouveaux bénéficiaires (démissionnaires et indépendants) et renforcer le nombre de conseillers dédiés au contrôle des chômeurs.

Le recrutement de jeunes en service civique (685 équivalents temps plein) ne compensera pas le  non remplacement des personnels salariés, car ils sont à Pôle emploi exclusivement mobilisés pour accompagner les demandeurs d’emploi à l’utilisation des outils numériques en agence.

Dans ce contexte, la CFDT s’inquiète de l’évolution de la nature et de la qualité des services rendus par Pôle emploi, dont la mission première est d’accompagner les demandeurs d’emploi.

Parallèlement au désengagement de l’Etat, le régime d’assurance chômage géré par les partenaires sociaux voit sa dotation à Pôle emploi augmenter de 70 millions d’euros.

La CFDT défend la création de droits individuels à la formation et à l’indemnisation pour sécuriser les parcours professionnels des travailleurs, mais aussi le droit à un accompagnement personnalisé etglobal, indispensable pour permettre aux personnes les plus en difficultés de retrouver un emploi et réduire les inégalités sur le marché du  travail. Pôle emploi reste l’un des opérateurs publics majeurs pour déployer ce droit à l’accompagnement : l’Etat doit lui attribuer des moyens à la hauteur des enjeux et ne pas compter uniquement sur les partenaires sociaux pour financer des dépenses d’investissement social qui sont aussi de sa responsabilité.

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