Péages de transit, une réforme qui ne répond pas aux enjeux du développement durable

Publié le 24/06/2014

Dispositif de substitution à l’Écotaxe poids lourds, dévoilé dimanche 22 juin, le « péage de transit » remet en cause le principe du pollueur-payeur au profit de la notion d’utilisateur-payeur, renonçant de fait à l’engagement 45 de la loi « Grenelle 1 » de 2007.

Pour la CFDT, le choix d’instaurer ce péage sur « les itinéraires de grand transit qui subissent un trafic supérieur à 2500 poids lourds par jour » pourrait provoquer des recettes inférieures aux 500 millions escomptés, avec des risques de stratégies d’évitement pour contourner les axes payants.

Les marges de manœuvre d’une renégociation des concessions entre le gouvernement et les sociétés d’autoroutes sont minimes. Les grandes gagnantes de ce dispositif pourraient être les sociétés d’autoroutes. C’est un très mauvais signe pour le développement de transports alternatifs.

Ce dispositif risque d’avoir de lourdes conséquences sur les financements des différents projets de transports, comme la réforme ferroviaire ou le canal Seine-Nord.

La CFDT s’interroge sur la compatibilité de ce péage avec la directive Eurovignette 3, qui prévoit que les coûts externes (pollution, bruit…) soient répercutés dans ce péage. La CFDT examinera ce point avec précision dans le projet présenté mercredi car la somme dégagée par ce péage ne doit pas servir qu’à l’entretien des voies concernées !

De nombreuses questions restent sans réponse :

  • Quel avenir pour l’emploi des salariés d’Ecomouv ?
  • Quelle activation automatique du boîtier GPS pour ne pas faire peser le poids et les pressions induites du système sur les salariés ?
  • Quelles embauches d’effectifs supplémentaires aux contrôles ?

Pour la CFDT, ce sont à nouveau les citoyens qui supporteront ce péage car le risque qu’il ne rentre pas dans le dispositif visant à répercuter l’écotaxe vers les donneurs d’ordre est réel.

La CFDT sera vigilante vis-à-vis des organisations patronales tentées d’opposer ce dispositif à l’emploi dans les entreprises de transports routiers.

Pour la CFDT, il s’agit d’une réforme a minima, loin de répondre à ses attentes.

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