Les travaux pratiques des Pays de la Loire

Publié le 24/02/2012 à 00H00
L'Uri s'est saisie d'une dizaine d'expérimentations d'évolution de l'organisation, en conjuguant pratique de terrain et vision stratégique.
Les travaux pratiques des Pays de la Loire
Les travaux pratiques des Pays de la Loire
L'Uri s'est saisie d'une dizaine d'expérimentations d'évolution de l'organisation, en conjuguant pratique de terrain et vision stratégique.

Priorité au soutien aux militants

Enquêter auprès des élus et désignés régionaux afin de mieux les connaître, les rassembler autour des outils à leur disposition, renforcer leur lien à l’organisation, à commencer par les syndicats… « C’est une priorité régionale », souligne Céline Chatelier, responsable Pratiques syndicales à l’Uri. Après une première série de rassemblements départementaux et en attendant le temps fort régional du 9 octobre 2012 en présence de François Chérèque, l’Uri entend continuer d’alimenter les élus et désignés avec les outils existants.

En parallèle, elle accompagne les syndicats qui souhaitent expérimenter le référent de section. « Aujourd’hui, le référent, c’est le secrétaire du syndicat ; nous voulons structurer un collectif au service des sections », explique Luc Chéreau (Union mines-métaux). « Partageons les tâches dans le syndicat comme à la maison ! », abonde Marc Ménager (Métaux Saint-Nazaire). Tel est l’objectif de la formation « Référents », explique Patricia Sortant, de l’Arefor, l’outil régional de formation syndicale : « Les référents sont des traits d’union entre les sections et le syndicat. La proximité permet d’être réactif, ils aident au développement des pratiques syndicales et accompagnent les sections en fonction de leurs besoins. À travers ce lien se tisse une relation privilégiée qui renforce le sentiment d’appartenance au syndicat et incite à y participer davantage. »

Gilles Davoine (S3C 44-85) confirme l’intérêt d’un tel dispositif dans la publicité, où se créent beaucoup de petites sections, demandeuses de formation et de soutien. En complément, « nous faisons le lien par un groupe de discussion sur internet qui rassemble plus de la moitié de nos adhérents ». « Il n’existe pas un schéma valable pour tous, confirme la secrétaire nationale Véronique Descacq. À chacun de faire en fonction de ses réalités. » Le tout est de changer la perspective : le référent permet d’aller au-devant des sections plutôt que d’attendre qu’elles se tournent vers le syndicat, au risque de laisser sur le bord de la route celles qui n’en ont pas la ressource.

Des outils de proximité, pour quoi faire ?

Plus de 60 équipes et 20 000 retours d’enquêtes, tous champs confondus… en Pays de la Loire aussi, les enquêtes Flash font un tabac, comme en ont témoigné les militants dans la salle. Mais, « au-delà de ses effets en termes d’audience électorale ou de développement, la déclinaison en action syndicale porteuse de revendications et de résultats » ne va pas de soi, souligne Céline Chatelier. C’est pour franchir ce pallier que tous les responsables interprofessionnels et trois chargés de mission accompagnent les équipes afin de définir la stratégie et les objectifs dans lesquels l’outil s’inscrit, d’analyser les résultats, de formuler des revendications, de les prioriser et de pérenniser la dynamique de proximité. « C’est un outil qui permet de montrer qu’on ne part pas du principe qu’on sait tout, mais qu’on construit avec les salariés, forts d’une organisation qui nous outille. »

Même approche en ce qui concerne la négociation de protocoles d’accords préélectoraux, un moyen efficace « d’entrer en contact avec des salariés qui ne connaissent pas le syndicalisme, essentiellement dans les TPE-PME », avance Alain Blanchard, chargé de mission représentativité. Les syndicats ont pu constater la nécessité de « construire une stratégie syndicale pour ne pas s’éparpiller » et rester en capacité d’assurer le suivi des sections ainsi créées. Le travail entre l’interpro et le syndicat fait ses preuves dans cette démarche « qui ne produit pas toujours du résultat immédiat » mais en vaut la chandelle : « Si on n’y va pas, on est sûr de ne rien gagner ! »

Briser le plafond de verre dans la prise de responsabilité

« Nos adhérents sont représentatifs des salariés, mais pas nos militants et nos responsables encore moins. Il y a un plafond de verre dans la prise de responsabilité », assène Yvan Ricordeau. Mise en place dès 2007 pour aider les syndicats à renouveler les exécutifs, la formation Repères produit pourtant des résultats. Elle est indispensable, juge Michel Bouyer (Métaux 49) : « Devenir responsable de syndicat, c’est un rôle politique qui ne s’improvise pas. » Bertrand (PSTE) témoigne : « Cette formation m’a permis de grandir dans ma vie de militant. » « La formation favorise le sentiment d’appartenance au syndicat, constate Patricia Sortant, et permet de développer des compétences transposables en milieu professionnel », ce qui favorise le repositionnement des militants, autre enjeu du chantier renouvellement. Le dispositif a d’ailleurs été mis à disposition d’autres régions. « Mais, interroge Céline Chatelier, propose-t-on à des jeunes, des femmes et des personnes issues de la diversité de s’inscrire dans ce dispositif ? »

Le syndicat, maillon central, appuyé sur l’interpro
 

« Tous les chantiers mettent en exergue le rôle des syndicats, souligne Yvan Ricordeau. C’est le maillon central de notre action. Il nous faut donc renforcer leur rôle politique et leur lien aux sections syndicales. » Le passage aux travaux pratiques vise « le renforcement et le renouvellement de la place des syndicats au service des équipes de terrain, en lien avec l’interpro et les fédérations ». Dans le cadre de son « accompagnement pratiques syndicales », l’Uri souhaite « rencontrer chaque fédération pour voir qui met quels moyens au service du syndicat et construire une stratégie efficace », en termes de renouvellement, de représentativité, de formation, etc. Enfin, l’Uri veut mettre les unions départementales davantage au service des syndicats afin de mutualiser les bonnes pratiques et ne pas réinventer l’eau chaude à chaque niveau. Une organisation en réseau, pour davantage d’efficacité en somme.