Les personnels de la Défense au bord de la rupture

Publié le 23/12/2011 à 00H00
Les résultats de l'enquête Flash menée par la CFDT-Défense confirment qu'« il est temps de faire une pause dans les restructurations » et d'informer les personnels... avant qu'il ne soit trop tard.
Les personnels de la Défense au bord de la rupture
Les personnels de la Défense au bord de la rupture
Les résultats de l'enquête Flash menée par la CFDT-Défense confirment qu'« il est temps de faire une pause dans les restructurations » et d'informer les personnels... avant qu'il ne soit trop tard.

Un succès, sans conteste ! Il y a eu 2 500 réponses à l’enquête Flash de la CFDT-Défense, effectuée dans près de trente établissements. Quant aux résultats, ils sont, sans surprise… inquiétants. Ce que la fédération résume par un lapidaire « attention, réforme dangereuse ! ». En effet, alors que le ministère de la Défense essaie de faire croire que les restructurations – qui entraînent rien de moins que 54 000 suppressions de postes – se déroulent dans la transparence, neuf personnels interrogés sur dix expriment un avis contraire, au point d’affirmer que « la méthode n’est pas bonne ». Un résultat d’autant plus calamiteux pour le ministère que près de la moitié des personnels assurent qu’ils n’étaient pas opposés par principe à la réforme…

Les effets anxiogènes de la situation

Sachant que plus de 40 % des personnes interrogées ne sont pas informées des conséquences des restructurations sur leur avenir professionnel (perte d’emploi, mobilité géographique, changement de fonction…), la fédération met en avant « les effets anxiogènes » de cette situation. Conséquence implacable : 50 % des personnels estiment que leurs conditions de travail se sont détériorées, et la même proportion n’hésite pas à qualifier d’« inquiétante » l’ambiance qui règne dans leur établissement. « Inquiétant » : le terme revient très massivement (à plus de 65 %) lorsqu’est évoqué l’avenir professionnel – suivi à presque 25 % par « angoissant/déprimant ».

Dans un tel contexte, la « grande muette » se devrait de communiquer auprès des personnels sur l’avenir de leur établissement et les possibilités qu’ils ont de faire face aux restructurations (vacances de postes, prestations sociales ou mesures d’indemnisation). Or l’enquête Flash montre que les instances ou structures dédiées, censées informer ou aider les personnels, sont inconnues auprès du tiers des personnels interrogés. Ce qui n’est guère étonnant, puisque, comme le rappelle la FEAE, « dans certains cas, les structures annoncées n’ont même pas été mises en place ! ». Cette situation se révèle d’autant plus inacceptable que l’« on prétend tout faire afin que la réforme se passe bien pour les personnels », enrage-t-on du côté de la fédération.

Les cadres ne sont pas mieux lotis…

Le volet ministère de la Défense de l’enquête menée par la CFDT-Cadres à la fin 2010 met en lumière que les cadres n’ont pas d’information, ne sont pas consultés ou seulement peu, de manière factuelle et épisodique (sous forme de « pseudo-consultations »).

Les personnels cadres sont 60 % à penser que leurs missions seront moins intéressantes après la réforme. Pire, près de 70 % d’entre eux estiment n’avoir pas reçu les formations adaptées pour conduire le changement. C’est pourquoi tous les personnels, comme le répète depuis déjà longtemps la CFDT-Défense, sont convaincus que la réforme en cours ne poursuit qu’un unique objectif : les suppressions de postes.

Nicolas Ballot