Les expérimentations, miroir de l'organisation

Publié le 24/04/2012 à 00H00
En Rhône-Alpes, 450 militants ont débattu de l'évolution de l'organisation avec François Chérèque.
Les expérimentations, miroir de l'organisation
Les expérimentations, miroir de l'organisation
En Rhône-Alpes, 450 militants ont débattu de l'évolution de l'organisation avec François Chérèque.

« Ces expérimentations nous renvoient une image de nous-mêmes que nous ne voulons pas toujours voir. » Venu débattre des chantiers d’évolution de l’organisation avec 450 Rhônalpins, le 28 février à Saint-Quentin Fallavier, François Chérèque a souhaité éclaircir toutes les zones d’ombre. Pour ce faire, il a pu s’appuyer sur les témoignages des militants.

Fonctionner en réseau

« C’est difficile d’aller au-devant des collectifs, mais ça paye ! », lance Jean-Paul Masse (Santé-sociaux 42), qui expérimente l’accompagnement des sections par les membres du bureau depuis 2010. Pour ce faire, « suivi et régularité du lien » sont indispensables, insiste Marie-Thérèse Beillot, référente interprofessionnelle pour les militants CFDT de la commission paritaire du bassin du Haut-Bugey. « Mais que fait l’organisation pour redonner une dynamique aux syndicats désertés par les militants ?, interroge Jean-Claude Rude, DS de Renault Trucks. Quid des fédérations qui fonctionnent en circuit fermé et non en réseau ? » Décloisonner, « orienter les moyens au service de l’action syndicale de terrain », tels seront les enjeux du chantier n°4, « Place des syndicats et rôle des structures CFDT », qui établit pour l’heure un audit de l’existant, a expliqué François Chérèque.

Pratiquer la proximité

En matière de proximité aussi, le travail paye. Elle favorise la mise en œuvre des accords, après leur négociation, comme l’a restitué Danier Coutaudier, DSC de Nexter au sujet de l’insertion des personnes handicapées. « C’est d’autant plus important de construire avec les salariés que la période actuelle ne se prête pas à des résultats mirobolants », a plaidé Pierrick Allard, engagé dans la défense des contractuels du Centre hospitalier de Lyon Sud. Quant aux enquêtes Flash, les participants les ont plébiscitées, que ce soit sur le plan du développement ou du revendicatif. « Notre enquête Flash sur le travail a d’autant plus sensibilisé la direction qu’elle était articulée au niveau national », a constaté Jacqueline Mouton (Interco 38). « Traduire localement nos démarches nationales », tel est bien l’enjeu de la proximité, a confirmé François Chérèque.

Tester le service à l'adhérent

Expérimenté dans la région, le service à l’adhérent a fait l’objet d’un vif débat. « L’idée est bonne, mais on n’a pas mis les moyens en place dans les syndicats » sur lesquels sont répercutées nombre de questions des adhérents, a regretté Géraldine Mercier Dalle, du Symétal 38, résumant le sentiment d’une partie de la salle. « Nos adhérents payent une cotisation, ils sont en droit d’avoir des réponses et c’est bien le boulot du syndicat », a rétorqué Daniel Dormant de l’UTR 38. « Ce qui fait la force d’un syndicat, ce ne sont pas les moyens mais la volonté », a tranché Marie-Jeanne Goze, conseillère prud’homale. « C’est une expérimentation et de nombreux enseignements devront en être tirés, a tempéré François Chérèque. Mais soyons sûrs d’une chose : si nous ne le faisons pas, d’autres le ferons à notre place ! »

Mettre des jeunes en responsabilité

Un avertissement en forme de transition pour aborder la question du renouvellement générationnel. Le secrétaire général de la CFDT s’est alarmé du miroir déformant que sont les structures par rapport à la réalité des salariés et des adhérents. « Quand je vais dans les sections, je rencontre des jeunes, des femmes, des personnes issues de la diversité. Pourquoi ne sont-ils pas en responsabilité ? » Sylvain Desoignies (Cheminots 42) a témoigné de son expérience d’émancipation au sein du groupe Jeunes régional « Ajir » qui, a-t-il souligné « tire sa légitimité de son travail sur des projets concrets ». Belle image de fin pour cette rencontre rhônalpine.