La Fédération santé-sociaux sur tous les fronts

Publié le 07/02/2012 à 00H00 (mis à jour le 20/02/2012 à 15H43)
Les débats autour des chantiers confédéraux, le 24 janvier à Bierville, ont mis en exergue un nombre important d'actions menées par les équipes.
La Fédération santé-sociaux sur tous les fronts
La Fédération santé-sociaux sur tous les fronts
Les débats autour des chantiers confédéraux, le 24 janvier à Bierville, ont mis en exergue un nombre important d'actions menées par les équipes.

« Il ne s’agit pas seulement de susciter la curiosité, mais d’impulser de nouveaux fonctionnements pour demain », lance le secrétaire national Jean-Louis Malys en introduction des débats autour des chantiers confédéraux, devant le Conseil national fédéral des Santé-sociaux, le 24 janvier à Bierville (Essonne). L’expérimentation du référent de section ouvre les échanges.

L’accompagnement des équipes comme base.

Dans les Pays de la Loire, « l’un des syndicats était déjà dans cette démarche, explique une militante. Nous avons vu qu’un dispositif se lançait au niveau confédéral, deux autres syndicats se sont greffés sur l’opération. Nous allons monter des formations pour une quinzaine de militants et étendre l’expérimentation dans les autres syndicats Santé-sociaux de la région. La préoccupation du temps disponible est la même partout, il faut s’organiser pour que tout ne repose pas sur quelques personnes ».

Philippe établit un « constat de carence » de certains syndicats : « C’est leur travail de base d’accompagner leurs équipes. » Jean-Louis Malys acquiesce : « Ce n’est effectivement pas une invention, mais un souci constant. Si les syndicats peuvent assurer seuls cette tâche, c’est très bien. Dans le cas contraire, il faut aller chercher des compétences hors du syndicat. » Christine, du Finistère, cite l’exemple du regroupement des laboratoires de biologie médicale qui a obligé le syndicat Santé-sociaux à diminuer ses effectifs. « Nous avons reçu le soutien de l’union départementale pour nous aider dans ces restructurations. Les gens sont contents d’avoir des responsables syndicaux près d’eux, cela fonctionne bien. »

Traduire la parole des salariés.

Autre chantier, la proximité avec les salariés a trouvé sa concrétisation l’an dernier par une vaste enquête fédérale sur les conditions de travail des agents soignants, techniques et administratifs. Le nombre de réponses, environ 50.000, a étonné les militants. « Cela nous a interrogés sur notre capacité à nous emparer de cet outil au niveau des sections et à assurer le suivi, explique Nathalie Canieux, secrétaire générale de la fédération. La proximité avec les salariés ne s’arrête pas à la question qu’on leur pose, mais se poursuit avec la réponse qu’on leur apporte sur le plan revendicatif. Seule la parole des salariés éclaire sur la réalité de leurs métiers. Mais traduire cette parole est très difficile. Dès que l’on cherche à l’exprimer, ce n’est déjà plus la même chose. »

Les militants sont unanimes quant à l’intérêt de cet outil, mais également sur les difficultés à l’exploiter. Les syndicats bretons ont décidé de se réunir afin de déterminer les besoins humains, financiers et matériels des sections. Dans les Vosges, une assemblée des sections va se tenir afin d’élaborer un cahier revendicatif. « Mais comment utiliser cet outil comme levier de développement ? », se demande Patricia, secrétaire générale du Syndicat CFDT santé-sociaux des Vosges. La même question se pose dans le cadre des autres expérimentations du chantier « Proximité avec les salariés » – négociation des protocoles préélectoraux, salons des comités d’entreprise, outils de géolocalisation, énumère Jean-Louis Malys.

Le débat autour du service aux adhérents « Réponses à la carte » est enrichi par l’expérience de Cyrille, du syndicat Santé de Haute-Savoie, présent dans le groupe expérimental rhônalpin. « Les personnes qui reçoivent les appels disposent d’une base de données considérable qui leur permet de répondre à la plupart des questions posées, témoigne-t-il. Cela demande un énorme travail préalable pour recenser tous les mandatés et leurs fonctions. C’est intéressant pour les syndicats qui ont peu de moyens, ils savent que les adhérents ne tomberont pas sur un répondeur ».

Colette, du syndicat du Rhône, souligne également l’intérêt du dispositif pour les adhérents isolés, nombreux en proportion à utiliser le numéro d’appel. « Il s’agit de mettre en réseau la maison au service de l’adhérent, résume Jean-Louis Malys. Cela nécessite effectivement une base de données unique de tous les militants afin que chaque structure mette à jour en temps réel les mandats existants. »

Lever les barrières au renouvellement militant.

Concernant le renouvellement des militants, la fédération « démarre sur le dossier », explique Pascal Bretonnière, secrétaire national de la fédération responsable du développement. « Des réunions vont avoir lieu dans plusieurs régions. Nous allons fixer une méthodologie de repérage de futurs militants, et un point sera fait avant l’assemblée générale confédérale. » Le syndicat de Lorraine admet qu’il est « difficile de repérer de nouveaux militants, nous voyons toujours les mêmes lors des réunions. Il existe des barrières mises par des personnes pas toujours prêtes à faire monter de nouvelles têtes ». Plusieurs interventions mettent également en avant la question du parcours professionnel. « Une vingtaine de militants à l’échelle nationale ont accepté d’être accompagnés à titre expérimental, souligne Jean-Louis Malys. Il sera plus facile à un adhérent de s’engager jeune lorsqu’il sait que l’organisation lui permet de se reclasser. »

Nathalie Canieux souligne en conclusion le « foisonnement » de toutes ces initiatives et alerte sur la nécessité, à un moment donné, de fixer le partage des tâches entre les diverses structures de l’organisation, « afin d’éviter que l’on se marche sur les pieds ». Ce partage, pour Jean-Louis Malys, « ne viendra pas du niveau national, mais des équipes ».