La CFDT de l'île de Beauté mise sur la proximité

Publié le 23/12/2011 à 00H00
Du 20 au 22 septembre, le secrétaire national Laurent Berger a pu constater à de multiples reprises que la proximité n'est pas un vain mot pour la CFDT Corse.
La CFDT de l'île de Beauté mise sur la proximité
La CFDT de l'île de Beauté mise sur la proximité
Du 20 au 22 septembre, le secrétaire national Laurent Berger a pu constater à de multiples reprises que la proximité n'est pas un vain mot pour la CFDT Corse.

Le chantier « soutien et accompagnement des militants » est placé sous le signe du grand beau si l’on se fie à la météo et à la chaleur de l’accueil que les militants corses ont réservé à Laurent Berger. Le secrétaire national chargé de l’évolution de l’organisation a en effet choisi l’île de Beauté comme première étape de « la rentrée des élus » – qui doit permettre aux secrétaires nationaux de rencontrer militants et mandatés de l’ensemble des Uri afin de renforcer les liens entre eux et les organisations de la CFDT, d’être à leur écoute, de valoriser leur travail et de recenser leurs besoins. En un mot, résume Laurent Berger, « renforcer l’indispensable proximité entre la Confédération et ses équipes de terrain ».

Des choix…

À peine descendus d’avion, direction la Bourse du travail de Bastia, qui abrite les locaux de l’UD 2A, pour un premier échange avec une trentaine de militants de Haute-Corse. L’occasion pour Gérard Mortreuil, le secrétaire général de l’Uri Corsica, de se féliciter « des décisions prises lors du congrès confédéral de Tours, qui permettent des rencontres plus nombreuses entre les militants et les responsables CFDT ». Laurent Berger insiste d’emblée sur le sens des rencontres qu’il inaugure dans le chef-lieu du département de la Haute-Corse : « Les quelque 40 000 élus et mandatés de la CFDT sont ses meilleurs “capteurs de terrain” puisqu’ils sont au jour le jour au contact des salariés. Il est donc indispensable d’aller à leur rencontre le plus souvent possible pour renouer des liens parfois un peu distendus avec la Confédération. » Ces rencontres vont de pair avec les expérimentations à propos du référent de section lancées dans une cinquantaine de syndicats, partout en France, dont le but est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de sections syndicales d’entreprise « livrées à elles-mêmes », en retissant du lien et en renforçant la proximité avec les syndicats. Évidemment, insiste Laurent, « il ne s’agit nullement de faire à la place des sections, mais bien de les accompagner ».

… Des actes

Parler de proximité, c’est bien ; la mettre en œuvre, c’est mieux ! Interrogé par les militants présents quant à la réalité des chiffres du développement, le secrétaire national rappelle que « le meilleur vecteur de développement est et restera le contact des militants avec leurs collègues ». C’est bien là le sens de la multiplication des enquêtes Flash, qui offrent une prise de contact et une proximité accrue avec les salariés. Sans compter, comme le dit un militant du Sgen, que « les périodes électorales, comme celle que nous vivons dans la fonction publique, s’avèrent propices au développement : il faut retrouver le réflexe de proposer l’ad­hésion quand on rencontre les collègues ». Une opportunité qui n’a pas échappé à l’Uri, à l’approche des élections du 20 octobre : « Le plus important est de faire voter tous nos adhérents, explique Jean-Toussaint Mattei, le secrétaire général adjoint de l’Uri, et comme ce n’est pas notre culture, il nous faut apprendre à le faire. Mais on est sur la bonne voie : on a instauré des référents Uri pour toutes les fédérations appelées à voter afin de relancer individuellement tous les adhérents. Et on reçoit même un bon coup de main des militants du privé ! »

Autre enjeu clé de ces rencontres, de l’aveu même de Laurent Berger : elles doivent permettre de renforcer le sentiment d’appartenance de ces militants de terrain à la CFDT. Et c’est peu dire qu’il s’agit d’un sujet majeur en Corse, du fait d’un contexte local marqué par l’insularité, des pratiques patronales reposant trop souvent sur la répression syndicale et la conception « particulière » du syndicalisme prôné par le STC (Syndicat des travailleurs corses), fortement teinté de violence et d’intimidation vis-à-vis des autres organisations syndicales, notamment la CFDT. Pour autant, jamais le sentiment d’appartenance de la CFDT Corsica à la Confédération n’a semblé plus fort, comme l’explique Jean-Toussaint : « Faire partie d’une confédération est une force capitale pour nous face au STC, qui ne peut s’appuyer sur rien ni personne au niveau national. »

À Ajaccio, pas moins de 50 militants attendent le secrétaire national afin de débattre à leur tour avec lui. Là aussi, l’accent est mis sur la proximité. « Notre premier travail de syndicaliste est de régler les problèmes quotidiens des salariés, ce qui est impossible si l’on n’est pas proche de leurs préoccupations au jour le jour », rappelle Laurent Berger.

Décliner la proximité

À certains militants qui paraissent re­gretter que les salariés n’adhèrent pas ou plus pour des raisons idéologiques, mais désormais de façon plus pragmatique, il réplique que l’« on ne peut pas reprocher à un salarié de se poser la question de l’utilité directe de payer sa cotisation tous les mois. Au contraire, il faut leur répondre par une réelle proximité, en tentant d’obtenir des avancées concrètes dans le cadre de leur vie au travail ». C’est d’ailleurs ce qui est en train d’être impulsé par Interco à la Collectivité territoriale de Corse par le biais d’une enquête Flash sur les conditions de travail, qui porte déjà ses premiers fruits en termes d’adhésions.

Le secrétaire national a pu, l’esprit tranquille, repartir vers le continent, l’Uri Corsica continuera d’avancer sur la voie de la proximité, comme en a décidé son conseil en juin dernier : outre la diffusion, à destination des salariés, d’une plaquette explicative des positions et revendications CFDT, l’Uri entamera sous peu des rencontres avec l’ensemble de ses syndicats afin de recueillir leurs remontées de terrain et voir avec eux quelle aide elle peut leur apporter. En l’occurrence, la mise en œuvre du chantier « soutien et accompagnement des militants » made in Corsica…

Nicolas Ballot

 

La proximité mise en application avec les salariés des TPE-PME

Sur une île qui vit principalement du tourisme et où l’industrie est réduite à la portion congrue, parler de proximité avec les salariés des TPE-PME prend tout son sens. « D’autant que les distances, et surtout les temps de déplacement, mettent en exergue plus qu’ailleurs le problème des salariés et des adhérents isolés », explique Gérard Mortreuil. C’est pourquoi, anticipant et amplifiant la semaine d’action confédérale de novembre auprès de salariés de petites entreprises, l’Uri lancera sur les routes, dans les prochaines semaines, une camionnette chargée d’aller à la rencontre de ces salariés lors de leur pause déjeuner. « Nous avons pris exemple sur le bus Saisonniers, qui nous a apporté une énorme visibilité depuis deux étés, mais on l’adapte aux réalités insulaires, sourit Jean-Toussaint Mattei. La camionnette passera tous les jeudis dans des zones artisanales, dans l’optique de permettre aux salariés de venir discuter avec la CFDT autour d’un café ou d’un sandwich. On veut en faire un rendez-vous habituel pour les salariés des TPE-PME. »