L'union régionale Aquitaine débat de ses chantiers d'évolution

Publié le 01/02/2012 à 00H00
Lors de l'assemblée générale des syndicats de l'Uri Aquitaine, les militants ont partagé leurs impressions avec Laurent Berger sur le référent de section, les enquêtes Flash, le service aux adhérents ou encore le renouvellement militant.
L'union régionale Aquitaine débat de ses chantiers d'évolution
L'union régionale Aquitaine débat de ses chantiers d'évolution
Lors de l'assemblée générale des syndicats de l'Uri Aquitaine, les militants ont partagé leurs impressions avec Laurent Berger sur le référent de section, les enquêtes Flash, le service aux adhérents ou encore le renouvellement militant.

Une soixantaine de militantes et de militants d’Aquitaine ont assisté, le 11 janvier dernier, dans les locaux de l’Union régionale à Pessac (Gironde), à l’assemblée générale consacrée à l’évolution de l’organisation. Accueillis par Marc Besnault, secrétaire général de l’Uri, ils ont pu échanger avec Laurent Berger, secrétaire national, leurs impressions au sujet de quatre des six chantiers proposés, illustrations vidéo à l’appui. En introduction au débat, Laurent Berger a évoqué l’Assemblée générale confédérale des 28 et 29 novembre 2012, qui doit établir « un bilan et une évaluation des expérimentations en cours, mais qui en soi ne sera ni une finalité ni une rupture. Nous sommes dans un processus d’évolution ».


Sur la mise en place des référents de section

L’accompagnement des militants constitue le premier chantier abordé par cette assemblée générale, sous l’angle de la mise en place des référents de section. Le chantier de la future ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux devrait représenter un bon terrain d’expérimentation de ce ­chantier pour l’union régionale. Selon Laurent Berger, il s’agit « d’un moyen de soutenir les sections isolées, sans se substituer aux syndicats, mais en apportant des conseils et en orientant les responsables de section vers les bons interlocuteurs ». De nombreuses interventions dans la salle soulignent le fait que des militants sont déjà identifiés comme ressource sur certains thèmes précis. « Nous avons des référents de commission de branche, ce qui facilite le fonctionnement des sections et du syndicat », souligne Béatrice Guillet, du Syndicat santé-sociaux des Landes. La question du temps et des moyens syndicaux revient inévitablement. Laurent Berger reprend l’exemple bourguignon, présenté dans un film en début de séquence, afin d’illustrer le fait que du temps supplémentaire n’est pas forcément nécessaire pour réussir cette initiative. « Vous pouvez réorienter du temps passé dans les différents mandatements », affirme-t-il.
Le deuxième chantier débattu lors de cet après-midi concerne la proximité avec les salariés, et plus particulièrement le développement des enquêtes Flash. Le succès de celle qu’a menée l’an dernier la Fédération santé-sociaux auprès des personnels hospitaliers est cité en exemple. Les militants se montrent très intéressés par la démarche, tout en soulignant l’investissement humain important que nécessite sa réalisation. Plusieurs syndicats ont eu recours à cet outil. « C’est un moyen supplémentaire d’entrer en contact avec les salariés », fait ainsi remarquer Michel Matuziak, du Syndicat des services de la Dordogne. L’aspect démocratique d’une telle enquête est également mis en avant au sein de l’assemblée. Laurent Berger rappelle en outre la possibilité pour les équipes de « faire du sur-mesure » dans l’élaboration de ces enquêtes.
Le chantier consacré au service à l’adhérent est illustré par la mise en place d’un numéro unique d’appel. Cette expérimentation – qui se déroule dans les trois régions Nord-Pas-de-Calais, Auvergne et Rhône-Alpes – suscite des interrogations de la part des militants présents. Certains y voient un dispositif peu productif en termes d’adhésions ; d’autres soulignent la difficulté de répondre à des interrogations qui relèvent d’accords d’entreprise. L’importance des questions juridiques est aussi mise en avant. D’après Laurent Berger, « cette expérimentation nécessite un gros travail de repérage des compétences dans les régions et les fédérations ».


Cet indispensable renouvellement des militants

Le renouvellement des militants constitue le dernier thème discuté lors de cet après-midi. Laurent Berger évoque un « plafond de verre » empêchant la prise de responsabilité des femmes et des personnes issues de la diversité au sein de l’organisation. « C’est le chantier le plus difficile, celui qui suscite le plus de réticences. » La prise de conscience est bien présente parmi les militants, pour qui cette question doit être une « préoccupation permanente chez les responsables de structure ». Un militant intervient à propos de l’âge moyen d’adhésion et d’engagement à la CFDT, constatant qu’il correspond aux rythmes de vie et de carrière actuels. « Nous ne som­mes pas complètement nuls, mais il y a des efforts à faire ! », estime-t-il. L’assistance aborde aussi la sécurisation du parcours militant. Les accords d’entreprise pour la reconnaissance des compétences développées lors d’un mandat syndical sont évoqués, ainsi que les parcours qualifiants à Sciences Po, entre autres. « Si nous n’assurons pas le parcours militant, nous ne traitons pas la question du renouvellement, affirme Laurent Berger. Le syndicalisme fait appel aux notions de sens, de valeurs, mais également de plaisir. Il ne faut pas donner le sentiment d’un sacrifice. »

Frédéric Delaporte