Franc-parler sur le référent et le renouvellement

Publié le 21/02/2012 à 00H00
Les responsables de la Fédération construction-bois ont débattu sans faux-semblants des chantiers d'évolution de l'organisation, mais pas sans appréhensions.
Franc-parler sur le référent et le renouvellement
Franc-parler sur le référent et le renouvellement
Les responsables de la Fédération construction-bois ont débattu sans faux-semblants des chantiers d'évolution de l'organisation, mais pas sans appréhensions.

Le « référent de section » ne fait pas l’unanimité. « Cette idée de partage des responsabilités, n’est-ce pas une remise en cause du pouvoir des syndicats ? », interroge Jean-Marc (IDF), lors du conseil national fédéral des Construction-bois. Déjà, des syndicats se heurtent au poids des délégués syndicaux centraux tentés de « faire des syndicats dans le syndicat ». Pascal Barbey, nouveau responsable développement de la FNCB, témoigne de son expérience : « Au Havre, quand il y avait un problème, c’est moi qu’on appelait. Avoir des référents permettrait de ne pas être au four et au moulin tous les jours. Déléguer est un bon moyen de se réapproprier le rôle politique du syndicat. » Armel (Loire-Atlantique) exprime sa « crainte », avoue « défendre son pré-carré », tout en avançant : « Quand une section est en difficulté, même si on ne peut pas lui donner la réponse directement, l’orienter, c’est utile. Si c’est dans ce sens là, ça me va. »

Ne pas s’empêcher de réfléchir
 
« On est en train de dire que les syndicats ne fonctionnent pas !, s’offusque Alban (Vendée). Dans un syndicat structuré, le référent des sections, c’est le bureau. » La fédération a d’ailleurs mis en place, dès 2006, des « contrats de progrès » qui donnent du temps militant pour que les syndicats se structurent et recréent du lien avec les sections. « Mais ça ne doit pas nous empêcher de réfléchir pour améliorer les choses, estime Rui Portal. L’objectif, c’est l’efficacité. » Et le secrétaire général de la FNCB d’ajouter : « Ne nous faisons pas peur là où il n’y a pas de raisons. »

Exemple avec le renouvellement. Le constat est partagé : « Il suffit de regarder dans la salle pour voir qu’on a peu de jeunes et de femmes », lance Xavier (Loire et Monts du Lyonnais). Jean-Marc (IDF) dit « la difficulté de s’investir dans le syndicat sur la question de la diversité en raison d’une plus grande fragilité face à l’emploi, de la conscience de ne pas devoir faire de vagues. La relation en entreprise est discriminante, c’est une réalité sociale ». Ce qui ne l’empêche pas d’agir pour proposer des responsabilités à des adhérents : « Ce n’est pas parce qu’on investit sur un militant que ça va réussir. Mais il faut le faire quand même. »

Ce qui fait réellement peur, c’est « le retour en entreprise » des militants qui ont dix, quinze, vingt ans de mandat, comme l’exprime sans détours Éric (Lille) : « Ça fait vingt ans que je n’ai pas mis un bleu de travail. Si je quitte mon poste aujourd’hui, qu’est-ce que je deviens ? » Au sein du CNF, plusieurs souhaitent « se fixer des règles », « faire une charte des militants, pour éviter trop de mandats successifs ». « Le renouvellement, c’est dès l’entreprise et la section qu’il faut y penser », souligne Michel (Lorraine). Et à ceux qui jugent les jeunes « rétifs à l’engagement » et les femmes réticentes à renoncer à leur vie familiale pour des responsabilités syndicales, la responsable fédérale Alexandra Rettien rétorque : « Peut-être les jeunes n’ont-ils pas envie de s’engager parce que les militants ne leur ressemblent pas. Et si on sort du modèle où le secrétaire de syndicat est un homme blanc de plus de 50 ans qui croit tout savoir et veut tout faire, on suscitera l’envie des jeunes, des femmes… »