Enquêtes Flash, un outil au service de la proximité

Publié le 21/12/2011 à 00H00
Après plus de 100 000 questionnaires remontés depuis le début de l'année, retour sur un succès qui lie proximité, pratiques syndicales et développement.
Enquêtes Flash, un outil au service de la proximité
Enquêtes Flash, un outil au service de la proximité
Après plus de 100 000 questionnaires remontés depuis le début de l'année, retour sur un succès qui lie proximité, pratiques syndicales et développement.

C’est en premier lieu par l’écoute que passe la proximité avec les salariés. Il est donc logique que les enquêtes Flash soient au cœur du chantier numéro 2 – Proximité avec les salariés – de l’évolution de l’organisation. Ces enquêtes Flash ont pris la suite, en 2009, des Teq (travail en question) avec l’objectif de renforcer les liens entre l’enquête, les pratiques syndicales et le développement.

Le passage du Teq à l’enquête Flash

Didier Prono, le responsable des enquêtes Flash au sein du pôle développement à la Confédération, se souvient de cette évolution : « Le Teq, lancé en 1994, a permis à la CFDT de reconquérir une légitimité à parler du travail et du vécu des salariés en transformant les militants en enquêteurs. » Certains Teq ont permis des avancées concrètes – comme celui sur les assistantes maternelles, qui aboutit à l’adoption d’une loi sept ou huit ans plus tard. « Cependant, reprend Didier, le Teq avait l’inconvénient de ne pas établir de connexion formelle avec le développement. »

C’est le sens du passage aux enquêtes Flash : faire en sorte que l’enquête des salariés produise des pratiques syndicales et du développement. La loi sur la représentativité est depuis ­venue renforcer cet impératif. Et les premiers résultats des enquêtes Flash sont encourageants : « Si faire une enquête Flash ne garantit pas un bon résultat lors des élections professionnelles suivantes, cela y contribue en aidant les militants à aller au contact de leurs collègues. » Même si les questionnaires des enquêtes Flash sont volontairement courts – en général une page A4 recto-verso –, « une enquête Flash n’est pas un projet flash pour l’équipe », aime à rappeler Didier. « L'équipe CFDT doit organiser sa circulation pour que le maximum d’enquêteurs rencontrent le maximum de salariés. Il en est de même pour la restitution des résultats qui, grâce aux rencontres effectuées, nous permet d’ancrer nos revendications dans la réalité des salariés enquêtés. Cette bonne connaissance du terrain, humaine et revendicative, nous facilite l’indispensable création du rapport de force passant nécessairement par notre développement local et une plus grande représentativité. » L’erreur serait de considérer qu’une fois que les résultats de l’enquête Flash sont diffusés, l’équipe a fait son travail. « Une fois les attentes des salariés identifiées, il faut engager le rapport de force, et cela passe par du développement. On ne fait pas de syndicalisme pour faire des enquêtes, on fait des enquêtes pour faire du syndicalisme… donc pour faire changer les choses ! »

L’atout de la saisie en ligne décentralisée

Lorsqu’une équipe syndicale, par son Uri ou sa fédération, s’adresse au GPS (Groupe pratiques syndicales) à la Confédération pour lancer une enquête Flash, notamment à l’approche d’un scrutin électoral, les choses peuvent aller très vite. « Nous fournissons de nombreux exemples d’enquêtes pour aider puis nous coconstruisons le questionnaire. » Il faut en moyenne deux mois pour fabriquer un questionnaire (phase de test sur le terrain comprise). Naturellement, une fois le questionnaire bâti, l’équipe n’est pas « abandonnée » : le GPS, la fédération ou la région continue de l’accompagner, notamment à travers des micromodules, tout au long du processus.

Depuis le début de 2011, la saisie en ligne décentralisée des résultats directement par les enquêteurs a permis de multiplier les enquêtes Flash. « L’interface de saisie est simple à utiliser, et cela ne représente pas un gros surplus de travail pour les militants. Le plus important, c’est que ce nouveau mode de saisie permet d’augmenter considérablement le nombre de questionnaires traités par rapport à l’époque récente où les questionnaires papiers devaient être retournés à la Confédération puis scannés avant d’être traités », rappelle Didier.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2009, 12 500 questionnaires ont pu être traités ; 22 600 l’ont été en 2010 ; en septembre 2011, grâce à la saisie on line, on est déjà à quelque 100 500 questionnaires analysés ! Autre avantage de cette nouvelle méthode, et pas des moindres : parmi les cinquante enquêtes menées cette année, le spectre est très large. Ainsi, si à elle seule la Fédération santé-sociaux a déjà obtenu 57 000 réponses à son enquête, il a dans le même temps été possible de lancer une enquête sur une quarantaine de salariés à Brico Dépôt Brest.

Nicolas Ballot

 

Flash sur l’enquête Flash

Elle met en relation des enquêteurs CFDT avec des salariés.

Elle permet, grâce au support du questionnaire :

  • de rencontrer le maximum de salariés ;
  • d’avoir leurs opinion sur des sujets du quotidien, les conditions de travail, le management, les relations sociales, les rémunérations…

Elle permet de construire et de formaliser des revendications essentielles en cohérence avec ce travail de terrain et facilite les pratiques de développement.