Du bon sens et un peu de volontarisme

Publié le 24/04/2012 à 00H00
Très engagée sur les référents de sections, mais aussi sur le renouvellement des responsables et la proximité, l'Uri Bourgogne prépare son congrès, en phase avec les chantiers d'évolution.
Du bon sens et un peu de volontarisme
Du bon sens et un peu de volontarisme
Très engagée sur les référents de sections, mais aussi sur le renouvellement des responsables et la proximité, l'Uri Bourgogne prépare son congrès, en phase avec les chantiers d'évolution.

« Trois mois avant notre congrès régional, cette assemblée de militants est un temps fort de la vie de l’organisation », entame Joseph Battault, secrétaire général de l’Uri Bourgogne devant les militants réunis le 14 mars dernier à Dijon. Le projet de résolution présenté par Joël Jallet, dont l’élection à la tête de l’Uri sera l’un des enjeux du congrès du Creusot, les 20 et 21 juin prochains, fait écho aux six chantiers d’évolution de l’organisation. Il s’agit de « faire de la CFDT l’organisation syndicale la plus proche des salariés par sa capacité à aller à leur rencontre, à être à leur écoute et à faire la preuve de son efficacité ».

Dans le débat, le rôle et la place des structures est largement questionné. À commencer par leur complexité, perçue comme un frein à la venue de nouveaux adhérents et militants, mais aussi leur éloignement. « Il n’y a pas de modèle idéal en termes de taille ou de périmètre si ce n’est celui de parvenir à faire vivre la proximité professionnelle et géographique », réplique le secrétaire général adjoint, Laurent Berger.

Du bons sens

À ceux qui font état de leur isolement militant, l’expérimentation des référents, mise en œuvre par l’Union départementale de Côte- d’Or, offre une réponse, comme en témoigne Christian (SGA 21). « Une personne de la chimie est venue me demander de l’aide, parce qu’elle était confrontée à un PSE. Suite à ce contact, elle a adhéré et a été nommée déléguée syndicale. J’avais peur de marcher sur les plates-bandes du syndicat chimie-énergie, mais le SCE a approuvé ma démarche, car je l’ai tenu informé. » De nombreuses interventions abondent en ce sens, vantant les référents « qui permettent d’avoir un échange constant et de mutualiser les informations » ou d’ « accompagner une section renaissante dans les pratiques syndicales ». Des participants disent au micro leur besoin d’un tel suivi. « Quelle prise en charge du temps consacré à ce rôle ? », interroge tout de même Cécile (Santé-sociaux 71), tandis que Michel (Services 58) craint un désinvestissement des DS au sein du syndicat.

« N’entrons pas sur ces sujets par les moyens, souhaite Laurent Berger, car ceux-ci ne sont pas extensibles. Posons-nous à chaque fois la question de savoir si notre priorité va aux militants, aux adhérents, aux salariés. Quelle que soit sa taille et ses moyens, le syndicat doit s’interroger sur son lien aux sections et aux adhérents. » Le recensement des ressources internes de la CFDT, mené dans le cadre de cette expérimentation comme pour le service à l’adhérent, a constitué un travail préalable conséquent mais constitue une aide précieuse.

Du volontarisme

Le service « Réponses à la carte », justement, fait débat. « Le syndicalisme, ce n’est pas une carte de services. Il y a un côté commercial qui me déplaît », dénonce Fabienne, tandis que Francine s’interroge sur la perte de proximité. « C’est un service en plus, pas à la place de ce que l’on fait déjà », répond Marie, tandis que Robert se félicite : « Pour une fois qu’on fait quelque chose de novateur ! »

Quant au dossier du renouvellement, il fait consensus… ainsi que les freins. Laurent Berger plaide pour davantage de volontarisme : « On peut regretter de vivre dans une société sexiste, mais dans une organisation syndicale qui milite pour la transformation sociale, on ne peut s’en contenter. Il nous faut bouger la focale et ne pas nous cantonner aux bons sentiments, car ça ne fait pas une politique. » Avant de conclure : « Il y a de la place pour tous dans ces chantiers. »